Inquisitor Heresie.com


"Mea culpa" catholique après deux ans d'examen de conscience CITE DU VATICAN.

L'Eglise catholique en quête de purification fait son autocritique pour le Jubilé de l'an 2000 et Jean Paul II présidera le 12 mars au Vatican une liturgie du pardon sans précédent dans l'histoire du christianisme.

Le pape fera solennellement une autocritique pour "les erreurs, infidélité, incohérences et lenteurs" dont les catholiques ont pu se rendre responsables au cours des siècles.

L'examen de conscience de l'Eglise catholique aura duré deux ans.

Un document, intitulé "L'Eglise et les fautes du passé. Se souvenir pour se réconcilier" explique ce Mea culpa. Il a été rédigé par un groupe d'experts puis révisé par la Commission théologique internationale, présidée par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la congrégation vaticane pour la doctrine.

L'autocritique de l'Eglise est la condition, a souligné le pape dans sa Lettre apostolique "Tertio millennio adveniente" (A la veille du troisième millénaire) "pour parvenir à une purification authentique".

Deux "chapitres" sombres de l'histoire de l'Eglise semblent peser plus lourd dans la conscience des catholiques: l'Inquisition et l'antisémitisme.

Il y a "un chapitre douloureux sur lequel les fils de l'Eglises ne peuvent pas ne pas revenir en esprit de repentir: le consentement donné, surtout en certains siècles, à des méthodes d'intolérance et même de violence dans le service de la vérité", avait déclaré le pape.

En ouvrant il y a un an un congrès consacré à l'Inquisition, le cardinal français Roger Etchegaray, président du Comité du Jubilé, avait indiqué que Jean Paul II voulait ainsi faire d'abord allusion à ce Tribunal chargé à partir de la première moitié du XIIIème et jusqu'à la première moitié du XIXème siècle de frapper les hérétiques. L'année précédente un congrès avait été consacré aux responsabilités historiques des chrétiens dans la diffusion de l'antijudaïsme.

A cette occasion le pape avait reconnu que "dans le monde chrétien - je ne dis pas de la part de l'Eglise en tant que telle - des interprétations erronées et injustes du Nouveau Testament relatives au peuple juif et à sa prétendue culpabilité ont trop longtemps circulé, engendrant des sentiments d'hostilité à l'égard de ce peuple".

"Ces sentiments, soulignait-il, ont contribué à assoupir bien des consciences", "de sorte que, quand a déferlé sur l'Europe la vague des persécutions inspirées par un antisémitisme païen, la résistance spirituelle de beaucoup n'a pas été celle que l'humanité était en droit d'attendre de la part des disciples du Christ".

Ces deux congrès ont représenté les étapes principales d'un "itinéraire spirituel" de préparation au Jubilé et à la Journée du pardon de l'an 2000.

Jean Paul II, quant à lui, n'a pas attendu le Jubilé pour faire son examen de conscience. Selon les calculs du journaliste catholique italien Luigi Accattoli, le pape a demandé 94 fois pardon pendant ses 21 ans de règne: pour les Croisades, la participation de chrétiens à des dictatures, la division entre les Eglises chrétiennes, les injustices envers des femmes, le procès à Galilée, les guerres de religion. Il a prôné une pénitence de part et d'autre, pour la séparation entre Rome et Martin Luther et pour le grand schisme d'Orient de l'an 1054.

Il a aussi demandé pardon pour les responsabilités des chrétiens dans la traite des noirs et dans le racisme, condamné la mafia, reconnaissant certaines connivences de l'Eglise locale. (06/12/1999)

heresie.com

© Heresie.com