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Jean Bodin.

Savant jurisconsulte et démonologue angevin, mort de la peste en 1596. L'ouvrage qui fit sa réputation fut sa République, que la Harpe appelle le germe de l'esprit des lois. Sa démonomanie lui donne ici une place mais il est extremement difficile de juger Bodin. On lui attribue un livre intitulé Colloquium heptaplomeron de abditis rerum sublimium arcanis, dialogues en six livres, où sept interlocuteurs de diverses religions disputent sur leurs croyances, de manière que le chrétiens cèdent souvent l'avantage aux musulmans, aux juifs, aux déistes. Aussi l'on a dit que Bodin était à la fois protestant, déiste, sorcier, juif et athée. Pourtant ces dialogues sont ils vraiment de lui ? On ne les connaît que par des copies manuscrites, car ils n'ont jamais été imprimés. Sa démonomanie est parue à Paris, en 1580 ; on en fait des éditions sous le titre de Fléau des démons et des sorciers.

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Cet ouvrage est divisé en quatre livres : L'auteur définit le sorcier comme celui qui se pousse à quelque chose par des moyens diaboliques. Il démontre que les esprits peuvent s'associer et commercer avec les hommes. Il parle des divinations que les démons opèrent, des prédications licites ou illicites. Dans le livre II, il recherche ce que c'est que la magie ; il fait voir que l'on peut invoquer les malins esprits, faire pacte avec le Diable, être porté en corps au sabbat, avoir au moyen des démons, des révélations par extase ou se changer en loup-garou. De longs discours prouvent enfin selon lui que les sorciers ont pouvoir d'envoyer les maladies, stérilités, grêles et tempêtes, et de tuer les bêtes ainsi que les hommes. Le livre III traite des moyens de protection et des moyens illicites pour empêcher les maléfices. Enfin dans le livre IV, il livre les moyens de s'occuper des sorciers, des moyens pour les reconnaître et des preuves qui établissent le crime de sorcellerie. Il explique les moyens de torture permettant aux sorciers d'avouer leux crimes et préconise une mort cruelle... Pour lui il y'a tant de sorciers que tous les juges ne sont pas assez pour les punir et que certains profitent d'amis influents. Enfin il termine en réfutant les écrits de Jean Wier qui disait que les sorciers étaient le plus souvent malades ou fous, et qu'il ne fallait pas les brûler. Pour Jean Bodin qui avoue que ces horreurs lui font dresser le poil en la tête, il faudrait exterminer les sorciers et ceux qui en ont pitié, et brûler les livres de Jean Wier.

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