À l'aube du XXe siècle, la presse quotidienne populaire connaît un essor fulgurant porté par les progrès techniques de l'imprimerie et la gégéralisation de l'instruction. Dans un marché ultra-concurrentiel, les journaux dits « de boulevard » ou « à un sou » ? tels que Le Petit Journal ou Le Petit Parisien ? font de la mise en scène du fait divers macabre, du crime et du châtiment un véritable art de la sensation.
L'iconographie saisissante de ces feuilles populaires, souvent rehaussées de gravures sur bois saisissantes en première ou dernière page, nourrit la fascination morbide du public pour les derniers soubresauts de la justice punitive d'une époque en pleine mutation.
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Le Petit Journal – 19 avril 1891Exécution en Allemagne à la hache, le bourreau portant l'habit noir et le chapeau haut de forme. Cette représentation illustre la persistance de châtiments formels au coeur de l'Europe wilhelminienne. Alors que la guillotine s'impose en France comme l'instrument aseptisé de la modernité pénale, l'Allemagne maintient dans certains de ses Etats la décapitation à la hache, exécutée selon un protocole strict où le bourreau endosse l'attirail bourgeois du notable pour conférer au supplice une solennité macabre. |
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Le Petit Parisien – 29 février 1892Quadruple exécution en Espagne par le supplice de la Garrotte : le bourreau donne un tour de tourniquet, et le collier se refermant estrangle le condamné. Symbole absolu de la justice pénale ibérique, la garrotte (garrote vil) offre aux lecteurs français le spectacle d'une mise à mort industrielle et mécanique. La presse se fait l'ìho minutieux de ces exécutions de masse, oscillant entre répulsion humanitaire et complaisance voyeuriste. |