Le Wewelsburg - Centre occulte du Nazisme
Ce burg fut pour la première fois mentionné dans les écrits vers 1123. Il fut ensuite transformé au XVIIe siècle par un chevalier nommé Wewel von Büren, avant d'être occupé par de nombreux propriétaires successifs. L'histoire du château se perdit pendant plus d'un siècle, et c'est dans un état fort délabré que le Reichsführer le découvrit.
Le grand-maître de l'ordre SS s'appliqua dès lors à redonner à cette demeure l'aspect d'une des forteresses légendaires où se rassemblaient jadis les descendants de la tribu de Siegfried. Après une somme de travail titanesque, le Wewelsburg renaît de ses cendres, mais à quel prix : des milliers de déportés et d'ouvriers forcés y perdirent la vie dans des conditions atroces.
Karl Maria Willigut, surnommé le « Raspoutine d'Himmler », devint pendant ce temps une figure centrale parmi les occultistes runiques d'Allemagne. C'est lui qui supervisa les chantiers pharaoniques pour faire de ce lieu une place forte magique. Ce château blanc et noir, d'un aspect impénétrable, arborait les couleurs de la SS. Des cercles de recherche scientifique et pseudo-historique devaient s'y réunir pour réécrire l'histoire mystique du peuple germanique.
Vue générale de la forteresse triangulaire de Wewelsburg
Le burg fut reconstruit en suivant des proportions symboliques et ésotériques. L'orientation géographique voulue par Himmler était consciemment anti-chrétienne : sa direction nord-sud, contrastant avec l'orientation est-ouest traditionnelle des églises chrétiennes, renforçait son ancrage païen et sa destination magique. Himmler voulait faire du Wewelsburg l'Axis Mundi, le centre spirituel du monde. La tour nord, pointant vers la Thulé mythique — terre natale des prétendus Aryens —, abritait en son centre la fameuse représentation du « Soleil Noir ».
La forme triangulaire du château, unique en Allemagne, symbolisait la Sainte Lance (ou Lance de Longinus) qui, selon la légende chrétienne et occulte, transperça le flanc du Christ et conférerait des pouvoirs absolus à celui qui la détient. Le Reichsführer, grand amateur de spiritisme et de mythologies comparées, affirmait quant à lui posséder le don d'évoquer les esprits des défunts depuis plus d'un siècle.
C'est au cours d'une nuit d'introspection qu'il prétendit avoir communiqué avec le roi Arthur, créateur de la Table Ronde. Il s'en inspira pour concevoir un cénacle restreint de douze officiers supérieurs choisis au sein de sa garde personnelle. Mais c'est incontestablement le roi Henri Ier, dit l'Oiseleur, qui fascina le plus Himmler, au point que ce dernier vint à se persuader d'en être la réincarnation directe, avec toutes les dérives tragiques que cela engendra.
Himmler fit de la mythologie nordique la thématique directrice de l'aménagement intérieur. Chaque pièce de la tour fut décorée de manière à personnifier l'esprit et les traditions des grands héros fabuleux de l'histoire germanique. Une pièce spéciale, dédiée à Frédéric Barberousse et maintenue constamment close, était réservée à Adolf Hitler. D'autres salles rendaient hommage à Otton le Grand, Henri le Lion, Frédéric de Hohenstauffen, ainsi qu'au roi Arthur et au Graal.
Chaque chambre contenait d'authentiques pièces de collection, des armes anciennes, des blasons, des armures ainsi que des parures d'époque. Pour s'en procurer, Himmler n'hésita pas à piller musées et collections privées à travers toute l'Europe occupée. Le burg abritait également un observatoire astronomique de pointe et des laboratoires dédiés à l'archéologie germanique.
Aménagement intérieur et symbolique des salles d'apparat
Les dignitaires nazis y trouvèrent une bibliothèque riche de plus de douze mille volumes spécialisés dans l'histoire des religions, les légendes celtes et germaniques, l'ésotérisme et les sciences occultes. Les ailes du château, fractionnées en cellules monastiques, servaient de lieux d'étude et de méditation solitaire.
L'une des cellules d'étude et de recueillement
Les caves et les souterrains, espaces initiatiques par excellence, furent aménagés afin d'accueillir l'élite fermée de l'ordre noir pour des rituels secrets visant à capter les forces telluriques et cosmiques.
Détails architecturaux des cryptes souterraines
Spiritisme, sorcellerie médiévale, théorisation ésotérique de Pythagore et invocations hermétiques se côtoyaient dans cet antre pour servir la quête de la victoire finale et du Graal. Des cérémonies ésotériques y étaient célébrées sous l'égide d'Himmler, entouré d'idéologues comme Karl Krafft ou Karl Haushofer, réactivant des rituels ancestraux inspirés des confréries de guerriers antiques.
L'enseignement dispensé au sein de la SS puisait ses sources dans les doctrines des sociétés de Thulé et du Vril. Pendant que des litanies néo-païennes résonnaient dans les couloirs obscurs de la forteresse, les initiés prenaient part à des exercices de méditation rigoureux, frôlant l'ascétisme des traditions guerrières de l'Inde védique ou s'inspirant d'épreuves physiques et morales d'une extrême dureté.
C'est selon ces règles implacables que la vie de la forteresse s'écoula jusqu'au printemps 1945. Brusquement, l'activité du burg s'interrompit définitivement, comme par un accomplissement prophétique : la véritable lance de Longinus fut saisie à Nuremberg par les troupes américaines le jour même où Adolf Hitler se donnait la mort dans son bunker.
Vue extérieure de la tour nord après la guerre
Himmler avait donné l'ordre de faire sauter le château le 31 mars 1945, mais la fulgurante avancée des troupes alliées empêcha sa destruction totale. Seule la tour nord subit de graves dommages avant d'être consolidée. Aujourd'hui restauré, le Wewelsburg demeure le témoin silencieux des dérives occultes du régime national-socialiste.
Documents Vidéos & Analyses Historiques
Le Château de Wewelsburg
Exploration documentée de la forteresse mystique d'Himmler et de son architecture ésotérique unique en Allemagne.
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L'Ordre Noir et l'Occultisme SS
Analyse approfondie des racines mystiques, des rites secrets et des croyances païennes de la garde noire du IIIe Reich.
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Karl Maria Willigut et les Runes
Portrait du « Raspoutine d'Himmler », l'architecte occulte et mystique des grands chantiers secrets de la SS.
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Le Mystère du Soleil Noir
Étude iconographique et symbolique de l'emblème ésotérique incrusté au cœur de la tour nord du Wewelsburg.
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Les Sociétés Secrètes du Nazisme
Plongée au cœur des cercles de Thulé et du Vril à la recherche des origines mythologiques et de la doctrine aryenne.
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Autopsie d’un dictateur
Analyse des archives soviétiques et des rapports d'autopsie sur la fin d'Adolf Hitler et les zones d'ombre de 1945.
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Bibliographie :
- ALLEAU René, Hitler et les sociétés secrètes - Les sources occultes du nazisme, Grasset, 1969.
- AMBELAIN Robert, Les arcanes noirs de l'hitlérisme, Laffont, 1990.
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- BRISSAUD André, Hitler et l'ordre noir, Librairie Académique Perrin, 1969.
- CALIC Edouard, Himmler et son empire, Stock, 1965.
- FRÈRE Jean-Claude, Nazisme et sociétés secrètes, Grasset, 1974.
- GERSON Werner, Le nazisme, société secrète, J'ai Lu, 1971.
- GOODRICK-CLARKE Nicholas, Les racines occultistes du nazisme, Pardès, 1989.
- HÖHNE Heinz, L'ordre noir, Casterman, 1968.
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- MARIEL Pierre, L'Europe païenne du XXe siècle, La Palatine, 1964.
- PAUWELS Louis et BERGIER Jacques, Le Matin des Magiciens, Gallimard, 1960.
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- REIDER Frédéric, L'ordre SS, Pensée Moderne, 1975.
- RIBADEAU DUMAS François, Hitler et la Sorcellerie, Plon, 1975.




