Le pénis de Raspoutine au service d'un urologue de Saint-Pétersbourg


SAINT-PETERSBOURG (AFP) - 11/06/2004 10h57 - Le premier musée russe de l'érotisme, avec pour centre d'attraction le pénis du légendaire moine débauché Raspoutine, s'est ouvert à Saint-Pétersbourg au sein d'une clinique d'urologie qui entend ainsi soigner mieux ses clients.

L'exposition permanente est ouverte au public qui peut admirer une impressionnante collection de phallus en céramique et d'images grivoises, dont certaines datent du XIXe siècle. "Le musée sert bien sûr à satisfaire la curiosité des visiteurs, mais aide surtout nos patients à surmonter leurs problèmes d'impuissance sexuelle", affirme le directeur de la clinique, Igor Kniazkine, propriétaire de la collection. Cet urologue et sexologue de 37 ans assure que l'ambiance du musée rassure ses patients et les rend "plus optimistes et détendus". "L'objectif du médecin est de libérer son patient de ses angoisses et de ses craintes. Les hommes qui viennent nous voir sont mal à l'aise à cause de leurs problèmes et notre attitude légère et gaie les rassure", explique-t-il.

Seule une partie des quelque 12.000 objets érotiques de M. Kniazkine est exposée dans sa clinique où l'on voit passer de jolies assistantes en blouse blanche courte et talons hauts. "Je garde les objets de valeur chez moi", reconnaît-il.

Beaucoup des oeuvres exposées sont des cadeaux de patients, comme cette vieille photographie noir et blanc d'une Vénus callipyge se contemplant dans un miroir, achetée à Londres par l'homme d'affaires russe en exil Boris Berezovski. Ou cette petite sculpture représentant un thermomètre dans un sexe de femme offerte par l'artiste monumentaliste Zourab Tseretelli, sculpteur préféré du maire de Moscou Iouri Loujkov.

Le directeur du musée de l'Ermitage, "Mikhaïl Piotrovski, m'a également offert quelque chose": Igor Kniazkine jongle avec les noms de représentants de l'élite russe. "Ils sont venus me consulter", avoue-t-il en souriant. "En tant que médecin je n'ai pas droit de divulguer leurs diagnostics, mais leurs noms, pourquoi pas ?".

C'est le pénis de Grigori Raspoutine qui accroche véritablement l'attention des visiteurs. Le sexe du guérisseur mystique du dernier tsar russe, dont les appétits sexuels sont demeurés légendaires, est conservé dans une solution d'alcool. "Je l'ai acheté pour 8.000 dollars à un antiquaire français avec des archives qui contiennent des lettres écrites de la main de Raspoutine", affirme le médecin.

Des patients et des visiteurs regardent avec curiosité les objets soigneusement placés dans des vitrines bien éclairées.

Vassili Petrovitch, 57 ans, dit être entré "juste pour un coup d'oeil" après avoir "entendu parler de ce musée". Il avance rapidement le long des armoires vitrées pour s'arrêter devant celle consacrée à Raspoutine, au bas de laquelle on peut lire: "Pénis de Raspoutine, assassiné à Saint-Pétersbourg dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916. 28,5 cm". "Est-ce vrai ce qu'on dit, que le regarder aide à lutter contre l'impuissance", demande-t-il plutôt méfiant au docteur Kniazkine. "Sans aucun doute", assure en souriant le médecin.








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