Allemagne: le cannibale de Rotenbourg condamné à 8 ans et demi de prison


CASSEL (AFP) - Le cannibale de Rotenbourg a été blanchi vendredi du chef d'accusation de "meurtre par plaisir sexuel", le tribunal de Cassel (centre) le condamnant à huit ans et demi de prison pour avoir tué et mangé en 2001 une victime consentante qui cherchait "l'excitation ultime".

Dans un procès qui a fait découvrir aux Allemands un monde insoupconné de fanstasmes humains se donnant libre cours via l'internet, le Parquet avait requis la détention à perpétuité, soit un minimum de quinze ans de prison.

L'accusation estimait qu'Armin Meiwes, 42 ans, avait prémédité un "meurtre par plaisir sexuel" et "instrumentalisé" le consentement masochiste de l'ingénieur berlinois Bernd Brandes.

Mais le tribunal a estimé que l'accord de la victime ne permettait pas de juger le crime selon les critères les plus sévères, sans pour autant suivre la Défense qui plaidait un simple homicide "sur demande", passible d'un maximum de cinq ans de prison. Le Parquet va faire appel.

Ce procès de deux mois a plongé l'Allemagne dans une fascination horrifiée tout en s'aventurant sur un terrain juridique inédit, le cannibalisme n'étant pas explicitement prévu par le Code pénal allemand.

L'accusé s'est rendu coupable "d'un comportement rejeté par notre société, en l'occurrence le fait de tuer et de dépecer un être humain" pour le manger, a souligné le juge Volker Muetze, dans une salle comble assiégée par des journalistes du monde entier.

Selon son avocat, Armin Meiwes est "heureux" de ne pas avoir été "considéré comme coupable d'un meurtre avec préméditation. Il ne voulait pas être un assassin et cela a été confirmé par le tribunal", a déclaré Harald Ermel qui a jugé le procès "équitable".

S'il obtient une libération anticipée pour bonne conduite -- "c'est un détenu modèle", selon son avocat -- Armin Meiwes pourrait être libre d'ici la mi-2008.

L'informaticien au sourire affable et au front dégarni ne sera pas interné en psychiatrie, deux expertises l'ayant considéré "pleinement responsable" de ses actes. Il va néanmoins suivre une psychothérapie.

L'affaire avait éclaté lors d'une perquisition en décembre 2002 à la suite d'une dénonciation: Meiwes était à la recherche d'une nouvelle victime sur internet. Dans la grande maison à colombages de Rotenbourg, 15.000 habitants, où il vivait seul depuis la mort de sa mère en 1999, la police a découvert quatre sachets de viande humaine congelée. La tête et les os étaient enfouis dans le jardin et le crime, qui remontait à mars 2001, documenté sur des cassettes vidéo.

Bernd Brandes voulait, selon le tribunal dans ses attendus, "éprouver l'excitation ultime" avant la mort, lorsqu'il a demandé à son "boucher" de lui couper le pénis et de le manger avec lui. Il avait pris un aller-simple en train et rédigé son testament.

Selon les expertises, il souffrait de pulsions masochistes liées à un sentiment de culpabilité qui remonterait à la mort de sa mère lorsqu'il avait cinq ans, un sujet resté tabou dans la famille.

Quant à Armin Meiwes, "il rêvait de quelqu'un qui serait pour toujours avec lui", a estimé le juge. Les mobiles sexuels n'ont pas joué un rôle essentiel dans son acte. Mais il n'a pas non plus tué "sur demande" puisque son "souhait principal était de dépecer quelqu'un et de le manger". Tuer n'était pour lui "qu'un étape nécessaire".

L'Allemagne a suivi les deux mois de procès avec une fascination horrifiée, découvrant au passage que le cannibale avait été contact avec plus de 200 personnes qui partageaient ses fantasmes sur l'internet.

Six candidats, parmi lesquels un cuisinier, un standardiste, un employé de bureau et un étudiant, entendus à huis-clos lors du procès, avaient d'ailleurs été recalés par l'informaticien anthropophage pour des motifs divers: trop gros, trop vieux, taciturne ou finalement plus trop motivé.

Armin Meiwes avait annoncé qu'il écrirait un livre en prison. Il étudie également des propositions pour un film.

Source AFP 30/01/04




BERLIN (AFP) - L'Allemagne a été révulsée jeudi à la découverte des fantaisies morbides d'un concitoyen qui a reconnu avoir tué et dévoré un homme après avoir dégusté avec lui, devant une caméra, un pénis rôti.


Pour son voisinage de Rotenburg, paisible bourgade aux maisons à colombages située en bordure de la rivière Fulda, dans l'ouest de l'Allemagne, il est "un gentleman, poli, serviable et toujours bien habillé". Ceci n'exclut pas cela: Armin M., informaticien de 41 ans, est une réplique vivante du distingué Hannibal Lecter, médecin cannibale du "Silence des agneaux" (de Jonathan Demme, 1991) et de "Hannibal" (de Ridley Scott, 2001). A une exception près: Armin M. a la délicatesse de demander à ses victimes l'autorisation de les goûter.

"Recherche un homme prêt à se faire manger", disait en substance la petite annonce publiée sur l'internet, par laquelle il a rencontré sa victime en mars l'année dernière. Au printemps 2001, Bernd Juergen Brandes, ingénieur berlinois de 42 ans, prend un jour de congé auprès de son employeur, l'allemand Siemens, pour se rendre à Rotenburg où il a rendez-vous avec le mystérieux internaute. Avant de partir, il vend le contenu de son appartement et sa voiture, selon les recherches du quotidien populaire allemand Bild.





Bernd Juergen Brandes


Rotenburg, les deux hommes, qui ont des penchants homosexuels, selon la police, décident de trancher le pénis de Bernd Juergen Brandes pour le déguster ensemble. "Ils l'ont flambé, l'ont goûté, et ont finalement décidé de le rôtir", explique un enquêteur relatant les déclarations de l'accusé. L'ensemble de l'action a été filmée sur une cassette vidéo saisie par la police. Son contenu étaye le récit de Armin M., selon le procureur de la Hesse, Hans-Manfred Jung.

Après ses expérimentations culinaires, l'hôte tue son invité de plusieurs coups de couteau dans le cou, le pend dans sa cave par les pieds pour l'étriper avant de le découper en morceaux. Il conserve la plupart des morceaux dans un congélateur avant de les consommer, enterrant le reste du cadavre. Au moment de son arrestation mercredi, Armin M. s'était mis en quête d'une nouvelle proie, sans subterfuge, toujours avec la même volonté de consensus. Le message des 80 annonces mis sur l'internet est on ne peut plus clair: "Recherche jeune homme à abattre, bien bâti et âgé de 18 à 30 ans".

Cinq hommes avaient déjà répondu par l'affirmative lorsque la police découvre les propositions indécentes. Mauvaise blague ou fou dangereux? Dans le doute, elle perquisitionne son domicile, où elle trouve un reste de cadavre congelé, des morceaux de squelettes humains et des cassettes vidéo.

Le suspect, qui a avoué sans hésitation, a été inculpé jeudi de "meurtre par plaisir" et écroué, tandis que les recherches se poursuivaient dans son jardin où d'autres morceaux de cadavres ont été déterrés. Un laboratoire a été chargé de les identifier, selon le procureur de la Hesse qui n'exclut pas que d'autres victimes aient pu tomber entre les mains du cannibale.

Soldat pendant douze ans à la Bundeswehr, l'armée allemande, près de Rotenburg, puis employé dans une firme d'informatique à Karlsruhe (ouest), l'accusé passe auprès de son entourage pour un homme "toujours correct et amical". Le tueur présumé a vécu seul avec une mère dominatrice dans la grande maison à colombages de Rotenburg. Depuis la mort de celle-ci, il y a quelques années, il n'occupait que quelques unes des nombreuses pièces de la demeure.

Le crime atroce d'Armin M. a ses précédents: d'autres personnages ont été rendus célèbres par leur monstrueux appétit, comme le Japonais Issei Sagawa qui dépeça à Paris en 1981 sa petite amie pour savourer pendant trois jours les différentes parties de son anatomie, ou encore le philologue russe Andreï Chikatilo, condamné à mort en 1994 pour avoir dévoré les organes génitaux de 52 prostitués et enfants. Mais dans ce cas précis, relève le psychologue Rudolf Egg, "l'originalité tient au fait que quelqu'un a consenti à être la victime".



Source AFP 10/12/03


Premier procès d'un cannibale en Allemagne

KASSEL (Allemagne) (AFP) - Un quadragénaire jugé depuis mercredi en Allemagne pour le meurtre en 2001 d'un homme de 43 ans a reconnu avoir tué sa victime pour la manger et raconté comment il en était venu au cannibalisme, au premier jour d'un procès sans précédent dans les annales judiciaires du pays. "J'y pensais et j'ai fini par le faire", a avoué Armin Meiwes, 42 ans, employé en informatique, devant le tribunal de grande instance de Kassel (centre), où il comparaît pour "meurtre par plaisir sexuel" et encourt jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle.

Dès le début des débats, l'accusé, vêtu d'un costume sombre et d'une cravate à points, a contesté toute motivation sexuelle dans cette affaire qui avait créé un choc en Allemagne au moment de sa révélation fin 2002. "Je ne voulais pas de relations sexuelles avec le partenaire que j'avais prévu d'abattre. Ca n'avait rien à voir", a affirmé le quadragénaire aux penchants homosexuels.

Dans la nuit du 10 au 11 mars 2001, Meiwes avait invité chez lui, dans la paisible commune de Rotenbourg (centre de l'Allemagne), Bernd Juergen Brandes, un ingénieur berlinois de 42 ans rencontré par le biais d'une petite annonce sur l'internet: "Recherche un homme prêt à se faire manger".

Les deux complices avaient décidé de couper le pénis de Brandes, de le cuire et de le consommer ensemble devant une caméra vidéo, selon l'acte d'accusation.

L'ingénieur a avalé 20 pilules de somnifère et bu une demi-bouteille de schnaps, puis a perdu connaissance. Meiwes a embrassé son "ami" avant de le tuer à coups de couteau. "Et l'accusé l'a immédiatement dépecé", a relevé le procureur, Marcus Koehler. Meiwes l'a pendu par les pieds, éviscéré, et a découpé quelque 30 kilos de viande, qu'il a conservés dans son congélateur. Un acte qui lui vaut aussi d'être poursuivi pour "atteinte à la dignité des morts".

"Mon souvenir de lui s'est renforcé à chaque fois que je mangeais un morceau de viande", a affirmé Meiwes. "Vous avez profité des forts troubles de la personnalité" de la victime, lui a reproché le représentant du ministère public.

Interrogé sur son passé, l'accusé au crâne dégarni pensait dès l'âge de 8 ans et jusqu'à 12 ans à "abattre et manger" des camarades de classe sur lesquels il "fantasmait", a-t-il confié.

Durant sa puberté, Meiwes a grandi seul avec sa mère et se sentait "abandonné", lui qui aurait aimé avoir un jeune frère. Ses fantasmes conduisant au cannibalisme sont alors nés avec le désir d'"incorporer" son frère imaginaire, "Franky": "Je l'aurais voulu blond et svelte".

Mais au bout d'un certain temps, "je me suis dit: ça ne suffit plus. Je me suis imaginé que celui qui devait être avec moi ne devrait plus me quitter", a expliqué l'accusé.

Avide de chair humaine, Meiwes avait passé environ 80 petites annonces sur l'internet. "Il y a des milliers de gens qui cherchent et veulent se faire bouffer", a aussi affirmé l'accusé au premier jour de son procès prévu jusqu'à fin janvier.

Cinq hommes, parmi lesquels un enseignant, un cuisinier et un retraité, avaient répondu par l'affirmative à l'annonce du cannibale mais ne s'étaient pas rendus chez lui.

Plus d'un an et demi s'était écoulé entre le meurtre de l'ingénieur et l'interpellation de Meiwes début décembre 2002.

Sélectif, le cannibale aurait refusé des candidats, tel Alex, trop gros et pas très sympa. Un autre, Juergen, était prêt à se rendre chez Meiwes, mais il a décliné l'invitation après l'avertissement de l'hôte: "Si tu viens, il faut t'attendre à ce que ce soit la dernière fois que tu viens chez moi".

Le cannibale, qui n'a pu expliquer son geste jusqu'ici, conteste le "meurtre", affirmant que la victime était consentante. Meiwes a qualifié cet acte "d'euthanasie" et regretté "l'homicide" mais pas "le repas", dans une interview il y a quelques jours à la presse allemande.

La défense va plaider "l'homicide sur demande", ce qui ferait encourir au cannibale une peine maximale de cinq ans de prison.

Source AFP 03/12/03







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