Porte de la cellule numéro 21 de la maison d’arrêt de Mazas

En bois peint en marron, à fortes entures en fer forgé. Judas à œilleton
en partie centrale, ouvrant sur une petite console en demi-lune, fermé
par une targette. Avec un cartouche en cuivre gravé « Maison d’arrêt de
Mazas, porte de la cellule 21 de la 6è division, occupée par Mgr Darboy,
Archevêque de Paris, pendant la commune de 1871 ».

La Maison d’arrêt de Mazas : Du nom du colonel mort à la bataille
d’Austerlitz. Cette prison occupait une superficie de 130 hectares, en
face de la gare de Lyon, sa construction dura cinq ans de 1845 à 1850.
Elle avait 1199 cellules. Chaque cellule mesurait 1,85 de large, 3,85 m
de long, sur 2,60 m de haut. Lors du coup d’état de Louis-Napoléon, le
2 décembre 1851, il fit enfermer les députés de l’opposition. Personne
ne s’échappa de cette prison. Elle fut démolie en 1898.
L’énigme de la Porte 21 1re Division, offerte par le chanoine Clément.
« Sitôt que la démolition de MAZAS fut décidée, M. le chanoine
Clément, directeur de l’école Gerson, résolut d’acheter la porte de la
cellule où Mgr DARBOY avait été enfermé en 1871… » Dès le 30 juillet
(1898), il commandait sept portes, mais seule la porte 21 était
disponible et lui fut livrée. Dans le Figaro du 3 août (1898), on peut lire
« J’ai offert au cardinal de Paris, la porte de Monseigneur Darboy ». Le
10 août, M l’abbé Odelin Vicaire général de Paris eut un doute sur
l’authenticité de la porte. Après avoir consulté un ancien otage (M
l’abbé Delfau), l’ancien médecin de Mazas, M De Beauvais,qui avait
souvent visité Monseigneur Darboy dans sa cellule, obtint le numéro
exact de la cellule : c’était le numéro 62. En conséquence, le cardinal
de Paris Richard acheta la porte 62 6è Division et rendit au chanoine
Clément la libre disposition de la porte 21 1è Division. Le chanoine
Clément développa une problématique qui jouait en sa faveur : Pourquoi
Monseigneur Darboy n’aurait il pas occupé deux cellules à Mazas ?
N’avait il pas été transféré d’une première cellule à une autre, plus large
et mieux aérée ? La cellule 21 serait la première. Dans le Gaulois du 15
août, on pouvait lire « que la cellule 62, acquise par le cardinal
Richard,était celle que monseigneur Darboy avait occupé pendant plus
longtemps et que la porte 21 acquise par le chanoine Clément, était
bien celle où il avait fait un très court séjour ». Dans une lettre du 17
août, le chanoine Clément offrait à monseigneur Turinaz, évêque de
Nancy, la porte 21. D’après les témoignages des anciens otages qui
avaient été en contact avec monseigneur Darboy à la prison de Mazas
(l’abbé Crozes, monseigneur Dechelette, l’abbé Delfau, le docteur De
Beauvais), tous affirmaient que depuis le premier jour de détention
jusqu’au dernier, il fût dans la 6è Division. La question se posait pour
l’arrivée de monseigneur Darboy, à Mazas, le 6 avril à la nuit close.
Monsieur l’abbé Crozes nous dit : « que monseigneur Darboy fit
envoyer un billet à monsieur Bonjean, son voisin, pour le questionner
sur son repas. Il s’est avéré que la cellule de monsieur Bonjean était au
numéro 14 de la 6è division » (et non pas 1è division). Après avoir été
questionné, monsieur De Beauvais affirmait « je l’ai visité fréquemment
dans cette cellule (la 62) et uniquement dans cette cellule ».
Le mystère de la Prison de la Roquette : dans une petite brochure,
signée Ordioni et publiée en 1871, on lit « monseigneur Darboy
occupait la cellule 21 », Mais il parlait de la Roquette, et d’ailleurs, il
faisait erreur, car au moment de l’appel des condamnés, monseigneur
Darboy occupait la cellule 23. Cette confusion n’est t-elle pas à l’origine
de cette erreur primitive, qui aurait ricoché de la Roquette à Mazas, et
finalement d’Ordioni, à monsieur de chanoine Clément ?…
Bibliographie Une fausse relique de monseigneur Darboy à Mazas, par
E. Misset, Paris Librairie Honoré Champion 1898.
L’énigme n’est pas totalement résolue…

Sur le cartouche en cuivre apposé sur la porte, il est marqué « … porte
de la cellule 21 de la 6è division… ». La cellule 21 était bien dans la 1è
division et non dans la 6è, qui était celle de la porte 62. Une erreur
(intentionnelle ?…) a été commise lors de la gravure de ce cartouche.

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