Le Folklore du Languedoc (Gard - Hérault - Lozère )

  Paris, G.P Maisonneuve, Besson et Chantemerle Succ, 1960
306 pages

Collection des Contributions au Folklore des provinces de France, Tome VI
  Promenades à travers les traditions populaires Languedociennes des Cévennes à la mer, 2001
302 pages

Maisonneuve & Larose
Première Partie:

  • Naissance - Baptême
  • Enfance - Adolescence
  • Fiançailles
  • Mariage
  • Funérailles


Appendice:

  • Le mode de vie traditionnel
  • Alimentation
  • Cuisine sur le Causse de Blandas


Seconde Partie:

  • Sorcellerie
  • Guèrisseurs
  • Remèdes populaires
  • Animaux
  • Sources et Fontaines miraculeuses
  • Météorologie populaire


Promenade à travers les traditions languedociennes


Lorsque vous ouvrez le livre « Promenades à travers les traditions populaires languedociennes », vous libérez des parfums de lavande et si votre ouïe est suffisamment exercée, vous entendrez peut-être le chant des grillons, qui, dans une joyeuse cacophonie, jouent de leurs ailes une sorte de marche prénuptiale.

Le Languedoc, où le bien vivre ressources le pauvre citadin en mal d’espace, chante ses lieux-dits et vante le nom de ses villes. Amoureuse de la poésie, Sète, aux mille homonymes, se baigne fièrement dans l’âme de Georges Brassens. Le citadin retourné dans la fourmilière métropolitaine doit déjà regretté d’avoir quitté ses copains, son arbre et la vision des écureuils en jupon.

Le livre de Claude Seignolle est un livre de recettes vieilles grands-mères ! S’exclamera la mauvaise langue aux papilles gustatives si atrophiées que nulle gourmandise ne sera appréciée.

Seigneur de Sologne qui êtes-vous ? Le Pape des escargots dit la Gazette ? Un aventurier guidé par les forces souterraines de la vouivre ?

Je ne sais point, sinon que j’ai omis de parler des animaux. Mais vous comprendrez cette évidence : par la nature même du livre, je ne puis en dire quelques mots. Seulement me poser cette question : Le Seigneur de Sologne a-t-il fait un pacte avec les loups ?


Patrick Clot, Président de l'association des amis de Jacques Bergier




Lu, à peine reçu, un de ces livres trésor, porteur de milliers de bouches mortes : « Promenade au travers des traditions populaires languedociennes des Cévennes à la mer » par Claude Seignolle. Editeur Maisonneuve et Larose 302 pages 21x12 cm Paru le 05 mai 2001. 21,04 Euros (138 Francs)

Les Editions Maisonneuve et Larose rééditent cet ouvrage de Claude Seignolle, rare et introuvable jusqu’à lors, paru en 1955 sous le titre « Folklore du Languedoc ». Un nouveau titre a été chaudement recommandé par l’auteur qui tient à entraîner le chercheur ou le lecteur dans une richesse de pensées, un foisonnement de paroles recueillies. « Promenade au travers des traditions populaires languedociennes des Cévennes à la mer » est un livre au style sauvage, me confie Claude Seignolle. Il possède ses coquilles comme au temps de sa première édition, il est riche des mots prononcés sans cesse naturellement et sans littérature par les témoins de temps immémoriaux, aujourd’hui disparus. En cela, ce livre est intemporel. »

Claude Seignolle submergé, s’affairant ici ou là à la réimpression de ses livres, s’accorde un répit autour du café et des biscuits secs. Comme nous partageons bien des thèmes en commun qui nous renvoient tant à nos domaines de prédilection qu’aux plus profondes contrées de France, (notre continent disparu ?), je le pousse dans les raisons qu’il peut donner à la naissance de ce livre.

« C’est à cause de Modestine ! »

- L’ânesse de Stevenson ?

- Parfaitement ! J’avais entrepris de retrouver à vélo la trace de Robert Louis Stevenson depuis Meyrueis et suivre son cheminement lorsque étape après étape, il nous faisait connaître un peu plus de Modestine et davantage des Cévenols (Voyage avec un âne à travers les Cévennes-1879-RL Stevenson).

Il y a soixante ans en 1936, 1937, Stevenson était mort depuis 1894, Claude Seignolle pensait avoir des chances de recueillir des témoignages de gens qui auraient pu le connaître. Finalement, il n’a pas suivi les traces de Stevenson pour coller à sa peau sur toute sa route, ce n’était plus l’objet. Il est resté ici et là, interrogeant cette aïeule dans le Gard, écoutant ces vieillards dans l’Hérault. Il a capté des pans entiers de la mémoire du Languedoc. A flanc de montagne, Il a ramené des chansons, des proverbes, des maximes et des superstitions. Il s’est faufilé dans des façons de vivre, auprès de gens simples et simplement riches de leurs seuls yeux aussi tranquilles que ceux du Gaspard Hauser de Verlaine.

Ce livre n’est pas « rédigé » à la manière dont Claude Seignolle écrira plus tard ses nouvelles et ses romans. Ni même comme son recueil des souvenirs des invités du « Château de l’Etrange ». Il s’agit là d’une masse brute d’informations. « La masse des roches donne des immenses plages. Le livre est la résultante des origines des grandes religions car il nous dit la parole des peuples qui par multiples maillages nous parvient à l’époque moderne où un type en vélo les récolte » Claude Seignolle sourit, son regard pétillant braqué sur mes réactions. Il ajoute : « Un livre comme celui-là est une épicerie, avec ses bocaux, ses pots de différents miels, ses herbes accrochées en herbier de santé. Des petites boîtes bourrées d’interdictions les plus variées et de solutions les plus prometteuses ».

Claude Seignolle replonge dans son travail. Un petit sourire au coin des lèvres, il me propose de méditer sur une image qui, pour lui, illustre bien la transmission de la pensée entre les générations dans une même famille : « Le petit-fils porte une culotte de velours, elle a été taillée dans le costume du grand-père ! ».

Patrick Ducôme