La gueule


Trois récits dont les deux derniers se situent en Suède et au Maroc, écrits en 1946 et 1950. Mais dès les premières pages, intitulées Les Kartoffeln, Claude Seignolle frappe un grand coup en racontant successivement sa mobilisation, son statut d'esclave dans une ferme allemande et enfin la résistance en Sologne.

Des pages emplies du poison de la seconde guerre mondiale et de ses horreurs, La gueule ou la faim d'un homme qui décrit l'abomination ultime de plusieurs années de captivité qui soit construisent ou détruisent l'homme.

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"...Les parois de son estomac replié s'étaient subitement décollées, faisant place vide, un vide aussi grand que l'intérieur d'un soufflet d'âtre paysan. Dès cet instant, la Gueule se trouva réveillée. Il sentit qu'une main rugueuse se glissait autour du sac de son estomac fait d'une peau douce si précieuse, au dedans tendre et irritable.

La main de la faim se mit à bien pétrir cette peau douillete. Elle serrait puis tordait comme la main du laveur de carrelage lorsqu'il essore la wassingue d'épais coton gris."

Claude Seignolle

  Paris, Le Terrain Vague, 1959
270 pages
  Zulma, 1999, 251 pages
  France Loisirs, 1999
  Au temps de la Gueule




Claude Seignolle, Août 44, en pleine Sologne du temps du la guerre et de la faim terrible qui prend l'homme au ventre, en retraite aux 4 vents de Presly dans le Cher, au milieu du milieu de la solitude végétale...
Huit jours avant il avait fait 7 prisonniers allemands et gardé le révolver de l'officier avec lequel il tua le grand cerf divin dans le seul but de se nourrir...