« L’ange de race bâtarde
Au ton sec et saugrenu
Tient constamment sous sa garde
Cet immense revenu ».
Labouisse-Rochefort

Effectuons un petit saut dans le temps, nous voici le 1er juin 1885, un curé de campagne gravit le chemin sinueux qui mène vers Rennes-le-Château, personne ne se doute à ce moment que cette petite citée perchée sur un piton rocheux, sera un jour mondialement connue.

Béranger Saunière est alors âgé de 33 ans, il vient d’être nommé curé desservant de ce modeste village de 200 âmes. A son arrivée, il impressionne plus d’un paroissien, c’est un bel homme au regard profond et inquiétant, dont l’allure énergique et le franc-parler lui vaudront la confiance immédiate de ses fidèles.

L’église et le presbytère sont à l’époque en piteux état, malgré de gros efforts, la commune est trop pauvre pour subvenir aux besoins des réparations. La vue quotidienne de ce délabrement, est insupportable à cet homme déterminé qu’est Saunière, il décide de récolter de l’argent en vue de commencer des travaux de restauration.

Il s’installe au presbytère tant bien que mal et prend pour servante une jeune fille de la région, Marie Denarnaud. Dans un premier temps, il recueille un petit héritage laissé par son prédécesseur l’ abbé Pons, en y joignant ses propres économies, il peut entreprendre les premières r éparations, celles qu’il estime les plus urgentes.

Étrangement, il décide de commencer par la réfection de l’autel, celui-ci est alors composé d’une grande dalle insérée du côté du mur et soutenue par deux piliers, l’un brut, l’autre sculpté.

Avant qu’il ne soit restauré par Saunière, celui-ci mesurait 0,95 m de haut, par la suite, il n’en fit plus que 0,75 m, sa largeur 0,39 m et sa profondeur 0,40 m sont restées intactes. Sur ce pilier façonné on peut distinguer des sculptures réalisées sur trois côtés du support, les arêtes ont été renversées pour former un cadre à chaque composition. Sur la face principale, figure une croix pattée et gemmée gravée au bord d’une torsade. Dans la partie supérieure du cadre, on voit l’alpha et l’oméga, symboles de l’infini chrétien, au bas de la croix se mêlent des motifs végétaux stylisés.

Ce pilier a d’ailleurs été déplacé quelques années plus tard par les soins de Saunière, de plus, l’abbé l’a retourné, ce qui donne une croix inversée avec les symboles alpha et oméga qui sont de ce fait inversés. On ne peut dire que cela ne dénote pas d’une attitude étrange pour un curé.

Cette colonne, a toujours été un sujet de polémiques quant à sa datation et sa signification, les uns la voudraient d’époque wisigothique, d’autres la voudraient mérovingienne, d’autres encore y voient un symbolisme tout à fait particulier. La véritable certitude, est certainement, que ce pilier est le point de départ d’un grand mystère toujours irrésolu.

Dès le début des travaux, alors que Saunière et ses ouvriers soulèvent la table de pierre de l’autel, ils remarquent que le pilier sculpté est creux, rempli de fougères séchées, sous celles-ci reposent deux rouleaux de bois contenant des « documents manuscrits sur parchemins ».

Ces écrits rédigés dans une langue ancienne et inconnue de l’abbé, il n’est pas étonnant dès lors, que Saunière entreprenne de nombreux déplacements et voyages dans le but de faire déchiffrer ces documents. Afin que ses excursions passent inaperçues, l’abbé rédige des lettres destinées à ses supérieurs ecclésiastiques, sa fidèle Marie, est chargée d’expédier ce courrier afin de donner le change, il est par ce fait évident qu’il ne voulait pas que l’on surveille ses déplacements.

Saunière aidé par des jeunes garçons du village, entreprend ensuite, l’aménagement du pavement de la nef et du chœur.

Leur travail, débouche sur une autre découverte, près de la marche en pierre par laquelle on accède au chœur, gît une grande dalle unie, après de pénibles efforts pour faire levier, celle-ci se soulève de peu, juste le temps d’apercevoir quelques marches d’escaliers…Saunière les remercie et les envoie jouer.

Cette dalle mérovingienne est magnifique, elle est datée du dernier tiers du VIIIè siècle, on la dénomme de nos jours la dalle « du chevalier », on peut y admirer deux cavaliers occupant les surfaces délimitées par deux arcades géminées et perlées qui reposent, par l’intermédiaire de chapiteaux ioniques sur des colonnes torses, de tradition romaine.

Peu de temps après, aidé par son maçon, Elie Bot et de quelques villageois, Saunière dégage l’emplacement du maître-autel, dès que les briques sont enlevées, tous aperçoivent une cache dans laquelle les témoins distinguent « une oule remplie d’objets brillants », Saunière, sous prétexte de l’heure du repas, renvoie immédiatement les ouvriers.

L’écho de cette nouvelle découverte s’ébruite, mais Saunière n’est pas inquiété par la curiosité de ses fidèles, à l’époque, leur vie rude ne laissait pas de place à la rêverie et au trop plein d’imagination, aux questions posées, il répond qu’il s’agit de médailles religieuses.

Il restaure ensuite le chœur de l’église, trois mois après, de nouveaux vitraux sont placés et les murs de l’église sont réparés, mais il faut attendre encore quatre années afin que le curé ne poursuivent les transformations de façon plus spectaculaire, toute l’église est pratiquement renouvelée, on installe un nouveau fronton, Saunière commande un nouveau chemin de croix, un superbe confessionnal de chêne sculpté, surmonté d’une fresque de toute beauté, ainsi que l’ensemble surprenant qui a dû effaroucher plus d’un paroissien, il s’agit d’une magnifique représentation de diable {on l’assimile à Asmodée}, celui-ci supporte un bénitier qui est lui-même rehaussé de 4 anges faisant le signe de croix.

Ceci n’est que le début de la longue liste de dépense pour divers achats et réparations qui a éveillé les soupçons, achats qui sont libellés au nom de Marie Denarnaud.

Même si pour l’instant, les agissements de Saunière n’éveillent pas vraiment de doutes, d’autres faits, irritent certains paroissiens, plusieurs personnes l’ayant vu se promener la nuit, accompagné de sa fidèle servante et il y retourne les tombes, déterre les croix, ainsi Claire Corbu dira : « Les trous creusés par l’abbé étaient de véritables excavations de près de trois mètres de profondeur ».

Que cherche-t-il ? Enlève-t-il tous les indices qui conduisent vers le trésor ?

En 1900, il commence la construction de ce qui deviendra son domaine, celui-ci est constitué d’une grosse maison bourgeoise de style renaissance, en pierre de taille, il fait ensuite refaire l’ancien mur d’enceinte du village, à chaque extrémité, il fait construire une tour, l’une ne dépassant pas le niveau du rempart, l’autre plus imposante, qui dépasse de deux étages ce même mur, munie de créneau et d’une échauguette, il s’agit de la tour Magdala, qui lui sert dorénavant de bibliothèque, celle-ci est confectionnée en bois précieux, elle lui sert également de cabinet de travail, en effet, Saunière posséde une collection de livres impressionnante.

Du haut de cette tour, s’élève un véritable chemin de ronde, d’où l’on peut admirer un panorama grandiose.

Dans l’espace qui relie la villa Béthanie et la Tour Magdala, il fait construire de luxueux jardins, un petit zoo composé de deux chiens, deux singes, de paons royaux , d’aras et de cacatoès s’y installe, un petit bassin, est peuplé de poissons exotiques.

La maison est bien entendu décorée, elle aussi, avec des objets rares pour l’époque, de plus, Saunière, accueille de nombreux invités de marque, ceux-ci sont reçus avec un faste peu commun pour un curé de campagne, les invités sont servis dans de la vaisselle en porcelaine et des verres en cristal, les mets et les vins sont choisis avec finesse.

L’abbé est aussi un homme de cœur, il sait se montrer généreux avec ses ouailles, ses relations avec les curés des paroisses voisines sont très riches, il offre de précieux cadeaux à ses collègues.

En 1905 on assiste à la séparation de l’Eglise et de l’état, les rumeurs concernant les dépenses exagérées de Saunière finissent par arriver aux oreilles de ses supérieurs hiérarchiques, qui dès lors, s’acharnent à obtenir le détail de ses comptes, ainsi que la provenance de son argent.

On l’accuse de trafic de messes, et le 23 juillet 1910, l’abbé est condamné à une suspense a divinis d’un mois, pour le diocèse de Carcassone.

Il ne peut donc plus dire la messe, il s’y ajoute une longue et épuisante suite d’ennuis juridiques qui aboutiront sur le retrait de ses fonctions sacerdotales en décembre 1911.

Il continue à se battre tout en gardant le secret sur la provenance de sa fortune, son caractère déterminé lui donne la force de continuer à célébrer la messe dans la villa Béthania.

Le contrecoup de tant de tracas mine la santé de Saunière, il est d’abord affaiblit par une affection cardiaque, le 14 janvier 1917, il est frappé d’une attaque d’hémiplégie, aidé par sa fidèle servante Marie Denarnaud et de son ami l’abbé Rivière, venu recueillir sa confession, l’abbé laisse la vie le quitter peu à peu et il décède le 22 janvier.

Le Diable, ses lieux, ses légendes dans la région.

« Si tu n’as fait ta réthorique
Chez Satan, le rusé doyen,
Jette ! Tu n’y comprendrais rien,
Ou tu me croirais hystérique ».
Baudelaire

« Dans l’Aude, les paysans croient plutôt à l’esprit malin, aux fées et aux génies souterrains qu’à la Vierge et au Anges »
(Gaston Jourdanne : Contribution au Folklore de l’Aude, 1900).


Ces quelques lignes nous révèlent une région qui est restée imprégnée par la présence du diable, plusieurs endroits en portent encore la trace : au sud de Rennes-les-Bains, un rocher nommé « Pierre du Pain » est creusé de 5 cupules ressemblant à l’empreinte de 5 doigts, on le nomme donc « main du diable », il existe aussi un lieu-dit « Sein du diable », le diable y a aussi son fauteuil, le rocher qui affiche cette forme se trouve situé près de la source du cercle, de ce secteur, on peut accéder très rapidement, au rocher tremblant, si cher à Boudet ( Roulers).

Une légende affirme que c’est le diable en personne qui l’aurait installé à cet endroit, toute personne qui aurait alors un pacte à lui proposer doit remuer ce rocher tout en l’invoquant.

Un écrivain régional et célèbre, Labouisse-Rochefort raconta, en 1832, la légende du trésor de Blanchefort protégé par le diable :

L’écrivain nous narre ici une légende qui date de la fin du XVIIIè siècle, l’histoire se situe dans le château de Blanchefort, situé à quelques kilomètres de Rennes-les-Bains. Le diable possédait un trésor de 19 millions et demi, une bergère le surprit au moment où il comptait ses pièces d’or, le temps d’appeler les villageois, diable et trésor avaient disparus. Les paysans firent appel à un sorcier de Limoux afin d’entrer en rapport avec Satan, celui-ci accepta, à la condition d’être assisté par les campagnards, mais, le mage ne pût compter sur leur soutien et ils se sauvèrent effrayés du tapage fait par le démon, le sorcier resté seul dut se résoudre à abandonner l’expérience.

Depuis, le trésor du diable est toujours dissimulé dans les ruines du château de Blanchefort.

Une autre légende raconte qu’en 1645, un berger de Rennes-le-Château nommé Ignace Paris, mèna paître ses brebis, il constata que l’une d’entre-elles avait disparu, il décida donc de partir à sa recherche et grâce aux bêlements de l’animal, il la repèra au fond d’un trou, prudemment il descendit et aboutit dans un boyau qui mènait vers une grotte, l’animal s’y trouvait , mais alors qu’il discernait de nombreux squelettes, il remarqua que le sol était couvert de pièces d’or.

Paris, sans hésitation, en remplit ses poches, sa besace et son béret et alla immédiatement raconter son aventure au village, après de nombreuses questions, il refusa de dévoiler le lieu de sa trouvaille, dès lors, les habitants perplexes face à cette histoire et à une fortune aussi rapide, s’imaginèrent qu’il n’y avait qu’un moyen de se procurer aussi vite de l’argent, croyant alors qu’il avait fait négoce avec le diable, il le lapidèrent.

Le trésor de Paris serait lui resté enfoui au fond d’une anfractuosité. Une autre version de cette histoire affirme quant à elle, que Henry d’Hautpoul, avide de connaître l’endroit où était enfui le trésor, fit saisir le berger pour le soumettre à la question, mais celui-ci décéda de ses tortures sans dévoiler son secret, de rage Henry d’Hautpoul fit exécuter les bourreaux maladroits.

Restons à Rennes-le-Château près du diable de son église, de taille imposante, grandeur nature, il est peint, il se tient presque assis, drapé dans sa tunique verte, sa jambe droite tordue, les ongles crochus et noirs de ses mains accentuent le côté démoniaque de ce personnage, sa main gauche est posée sur son genou, tandis que du pouce et de l’index de sa main droite, il forme un cercle, deux cornes de bélier garnissent son front, son visage aux yeux exorbités a la bouche ouverte, son corps est garni de deux magnifiques ailes de chauve-souris.

La plupart croient reconnaître en lui Asmodée, mais le symbolisme laisse beaucoup de place à l’imagination, dans ce cas particulier, il est aisé de croire qu’il serait le prince des Démons, en effet, celui-ci fut réduit à l’esclavage par Salomon afin de l’aider à la construction du Temple de Jérusalem, il serait devenu par la suite gardien du trésor du Roi Salomon, l’on peut remarquer facilement à quel point dès lors la comparaison entre ce démon et Asmodée est aisée.

D’autres chercheurs aperçoivent dans cette statue des attributs maçonniques, d’autres y voient des allusions au Rite maçonnique Ecossais.



Le Diable de Rennes-le-Château n'est pas le seul que nous pouvons découvrir dans cette région. A une quarantaine de kilomètres de Rennes, la ville de Montréal de l'Aude, abrite au sein de la chapelle des Fonts Baptismaux de sa Collégiale Saint-Vincent, une représentation du Diable au rictus effrayant, celui-ci soutient la cuve baptismale.



Les Principaux personnages de cette histoire


Marie Denarnaud : Cette jeune fille du pays avait 24 ans quand Saunière la prit à son service. Elle était loin d’avoir l’âge canonique pour être servante du curé, la rumeur en fit la maîtresse du curé. Il est certain que l’on peut dire qu’elle lui est restée fidèle toute sa vie, elle aida Saunière, au point qu’elle alla jusqu’à parcourir le cimetière la nuit afin de l’aider dans ses desseins obscurs. Les biens de l’abbé lui sont légués après la mort de celui-ci, et elle continuera à vivre à Rennes-le-Château tout en gardant un mutisme complet sur le secret qui l’unissait à Saunière.

L’abbé Boudet : L’abbé Henri Boudet vivait avec sa mère et sa sœur au presbytère de Rennes-les-Bains, dont il était le curé. Connu comme érudit, il était membre de la Société des arts et sciences de Carcassonne. Saunière dû être intrigué par le savoir de son collègue, de plus, Boudet vivait dans une aisance étonnante pour un modeste curé.


Certains diront que ce livre est la carte du trésor de Rennes-le-Château, il est vrai que personne encore, ne peut se vanter de l’avoir déchiffré, par contre, quelques chercheurs s’y attellent.

Le but de cet écrit est de démontrer que toutes les langues modernes sont de souches celtique, qui s’apparente à l’anglais, Boudet y parle beaucoup de rochers et pierres qui sillonnent la région, y voyant également un cromleck comme on peut en apercevoir en Bretagne, les descriptions en sont précises, mais les noms et l’étymologie sont assez déroutants, farfelus même, sachant que cet homme est doté d’une remarquable intelligence, il est difficile de croire que le but du livre n’était que pure divagation.

De plus, on a imaginé Boudet membre d’une société secrète, il aurait manipulé Saunière pour servir leurs projets et l’argent de Saunière serait une récompense, un salaire ou pire encore l’argent d’un chantage qu’il aurait exercé à leur encontre.

L’Abbé Gélis : : L’assassinat d’un prêtre est un acte rare, celui-ci donne lieu a beaucoup d’hypothèses.

L’abbé Gélis était prêtre de Coustaussa depuis plus de trente ans, ce village est situé à quelques kilomètres de Rennes-le-Château.

Il est avec Boudet, l’une des connaissances que Saunière fréquentait, comme ses deux compagnons, il disposait lui aussi de plus d’argent que la normale, par contre à l’opposé de ses deux amis, il était d’un caractère méfiant, n’ouvrait à personne, il était froid et renfermé, la population du village ne l’aimait guère.

Le 1er novembre 1897, son cadavre est découvert par son petit neveu.

Le prêtre a été assassiné dans la cuisine du presbytère, après enquête on aurait constaté qu’il aurait reçu quelqu’un la nuit, on remarque également que si la maison a été fouillée, si la serrure d’un sac de voyage a été forcée, l’argent est resté à sa place, le but était en conséquence la recherche d’un objet ou d’un document et non le vol.

Autre fait curieux : « le cadavre a été rangé vers le centre de la pièce, sur le dos, la tête et la figure dans une position normale, les mains ramenées sur la poitrine », comme un gisant, alors que l’abbé ne fume pas et déteste les fumeurs, flotte dans une flaque de sang un carnet entier de papier de cigarettes de la marque «Le Tzar », sur l’une des feuilles on a écrit au crayon « Viva Angelina.. »

De nos jours, le mystère sur ce meurtre reste entier, l’instruction ne fut pas en mesure d’expliquer la provenance de ce carnet de feuilles à cigarette et la mention est restée un mystère total.

Emile Hoffet : Les manuscrits ayant disparus, personne ne peut vraiment affirmer l’aboutissement de cette hypothétique rencontre, mais elle fait partie de la légende. L’abbé Saunière devant l’impossibilité de trouver la personne susceptible de décrypter ses manuscrits, suivi les conseils de son supérieur Mgr Billard, et se serait rendu à Paris, à la Librairie Ané, connue pour ses publications religieuses, cette librairie est avec Saint-Sulpice le centre d’une activité intense, tant religieuse que spirite. Il faut signaler qu’à la fin du XIXè siècle on vit se multiplier à Paris et à Lyon, plusieurs sociétés secrètes étudiant les mystères de l’au-delà, c’est à cette même époque que Joris-Karl Huysmans écrivit « Là-Bas », ce roman qui est une étude du satanisme, Péladan créa quant à lui le mouvement rose-croix catholique.

Le libraire lui aurait conseillé dès lors, son neveu, Emile Hoffet, celui-ci poursuivait des études afin de devenir prêtre, mais surtout il se spécialisait dans la cryptographie et les langues anciennes. Emile Hoffet aurait d’ailleurs réussi à traduire les manuscrits.

Hoffet était un personnage assez curieux, en relation avec les milieux occultistes de Paris, il aurait introduit Saunière dans les salons mondains et occultistes de l’époque, l’abbé, dés lors, y côtoie Emma Calvé, Claude Debussy et Jules Bois entre autre, ces groupes sont réputés de tendances « satanistes », mais pas dans le sens où nous l’entendons souvent.

On doit savoir que le satanisme n’est pas obligatoirement une profanation érotico-maniaque du rituel chrétien. Dans l’esprit des satanistes authentiques, il ne s’agit pas de blasphémer pour le plaisir, comme un vulgaire athée. Il s’agit tout au contraire de glorifier l’Etre de l’Ombre, autrement dit Satan, injustement détrôné du ciel par Dieu, et qui, dans les Ténèbres où, il est enchaîné, représente, pour les adeptes, bien entendu, l’espoir d’un monde rédimé et renouvelé, parce que Satan est le Dieu originel et Dieu le Père le Dieu usurpateur. En quelque sorte, il s’agit d’un catharisme inversé : la victime étant l’Ange déchu, tandis que le Mal a pour cause l’usurpation divine. On voit d’ailleurs, à travers le satanisme de Jules Bois, se dessiner les grandes lignes du mythe du « Roi du Monde », actuellement soumis à la plus cruelle des détentions dans l’ombre, mais qui reviendra un jour pour rééquilibrer l’univers en folie. Les justifications mythologiques ne manquent pas aux doctrines satanistes

J. Markale.



Emma Calvé : Cette célèbre cantatrice, née le 15 août 1858, faisait partie, dit-on, des nombreux invités qui défilaient à la villa Bethania, certains en font la maîtresse attitrée de l’abbé Saunière. Ce qui trouble le plus dans la relation qu’il aurait eu avec cette actrice est certainement la personnalité et les contacts de cette diva. Férue d’ésotérisme, elle fréquentait de nombreux cercles d’occultistes parisiens, elle fut pendant de nombreuses années la maîtresse de Jules Bois, journaliste et écrivain initié dans la loge n°7 Ahaltor de l’ordre hermétique de la Golden Dawn. En 1894, elle acquit le château de Cabrières, connu pour abriter entre ses murs le livre disparu de Nicolas Flamel « Asch Mezareph », le livre d’Abraham le Juif (Nicolas Flamel rêva un soir qu’il tombait nez à nez avec un ange qui lui dit : « Flamel, regarde ce livre dont tu ne comprends pas le contenu. Beaucoup d’autres, hormis toi, ne le comprendront pas, mais un jour tu y reconnaîtras quelque chose que personne, à part toi, ne verra jamais »). Les liens qui semblaient unir l’abbé à la cantatrice permirent surtout à de nombreux chercheurs d’aiguiller Saunière dans l’ombre de l’occultisme et du satanisme.



La Marquise d’Hautpoul-Blancheford : Née Marie de Négri d’Ables, elle mourut le 17 janvier 1781 et fut enterrée au cimetière de Rennes-le-Château. Saunière, profita de la restauration de l’église et du cimetière pour effacer l’épitaphe de sa pierre tombale. Dans quel but ? Personne ne le sait encore de nos jours.

Heureusement, la Société des Etudes Scientifiques de l’Aude, envoya en 1905 un de ses membres, Elie Tisseyre, celui-ci la reproduit, nous ne la connaissons donc que par cette reproduction.

Le décodage de cette épitaphe coïncide avec l’un des manuscrits trouvé dans l’église.

L’inscription initiale était celle-ci : « Ci-gît noble dame Marie de Negre Darles (sic), dame d’Haupoul de Blanchefort, âgée de soixante-sept ans, décédée le XVII janvier MDCCLXXXI. Reguiescat in pace ».

En voici la transcription : « Bergère, pas de tentation, que Poussin, Téniers gardent la clé. Pax DC LXXXI. Par la croix et le cheval de Dieu, J’achète ce daemon de gardien à midi. Pommes bleues ».

La méthode de décryptage ayant fait ses preuves, on peut analyser dès lors le message que l’on en retire.

Nous voici en présence ici de deux peintres, Nicolas Poussin et David Téniers.



On sait que l’abbé est revenu d’un séjour parisien avec des reproductions de toiles de ces deux peintres, on sait également qu’il avait en sa possession la copie des « Bergers d’Arcadie », la célèbre toile de Poussin, dont le paysage évoque celui de la région de Rennes-le-Château, le tombeau qui y est peint est similaire à celui appelé « tombeau d’Arques ».

Sur la seconde dalle, on pouvait lire les initiales P.S. et la phrase Prae cum, en dessous s’étalait une pieuvre, sur le côté droit était inscrit E+In+P, à gauche, A+I.A.E. (lettres grecques), le milieu est séparé d’un bâton vertical terminé par une fleur de lys et il y est écrit : Raedis Cellis – Régis Arcis, que certains ont traduit par : Rhedae, des caves, du roi, de la citadelle. Peut-être peut-on y voir une allusion à un trésor caché.



Une petite étude des parchemins.

Je tiens à signaler que l’authenticité des parchemins est sujette à caution, il n’en reste que leur étude est intéressante.



Ce document a été décodé suivant le « Parcours du Chevalier » de Viginère.

Celui-ci est l’auteur du système à double substitution datant du XVIè siècle, dans lequel on utilise le carré ou grille dit « de Viginère ».

Cette méthode remplace chaque lettre d’un texte par une lettre décalée dans sa position plus loin dans l’alphabet.

Le carré est composé de vingt-six alphabets disposés l’un en dessous de l’autre, à chaque ligne, on décale une lettre, il faut bien entendu une clef, qui peut être soit un mot, soit une phrase simple. En utilisant le tableau, on recherche la lettre cryptée dans la ligne correspondant à la lettre-clé. La colonne trouvée pour la lettre cryptée permet de déterminer la lettre du texte en clair sur la première ligne.

Dans ce cas précis, suite à la transcription de la tombe de Marie de Négri d’Ables, le mot clef est « MORTEPEE ».

Ce manuscrit relate un passage de la Vulgate, plus précisément l’évangile selon Saint-Jean (XII, 1-12), racontant la visite à Béthanie, auprès de Marthe et de Marie, Jésus y ressuscita Lazare.

Si l’on compare ce texte avec l’écrit initial, on remarque un ajout de 128 lettres qui ne figure pas dans l’évangile.

On a disposé ces 128 lettres sur 2 grilles d’échiquier, en voici le résultat final : « BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIER GARDENT LA CLEF PAX DCLXXXI PAR LA CROIX ET LE CHEVAL DE DIEU J’ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI POMMES BLEUES ».

Nous pouvons remarquer également que si l’on retourne la signature, le mot « SION » apparaît.

Ce parchemin est composé de trois versions des évangiles canoniques de Saint Luc, Saint Mathieu et Saint Marc : « La Parabole des épis de blés et du sabbat », ici encore, si l’on compare le texte initial à celui du document, on peut distinguer plusieurs particularités, certaines lettres sont mises en évidence, souvent elles sont décalées ou soulignées, des mots manquent, d’autres sont ajoutés ou inversés.

Après l’extraction des lettres, nous obtenons une phrase qui peut être lue de deux façons : « A Dagobert II roi et à Sion est ce trésor et il est la, mort », cela ressemblerait à une indication sur son emplacement, ou « A Dagobert II roi et à Sion est ce trésor, et il est la mort », dans ce cas, on ne peut nier que cela s’apparente à une mise en garde.



Plusieurs documents auraient été dissimulés dans l’église, il y aurait donc les deux parchemins trouvés lors des travaux, ensuite, dans le balustre, qui était situé à l’époque près de la chaire, on aurait découvert, un parchemin roulé dans une bouteille, celle-ci était placée dans le chapiteau évidé.



Une certaine confusion règne sur ces écrits, personne ne connaît vraiment l’emplacement de ceux-ci, pas plus que l’on est certain du nom de la personne qui aurait aidé Saunière au décryptage.

On peut juste supposer que l’abbé s’est rendu à Paris pour le décodage de ses documents.

Le Languedoc ayant toujours été une région connue pour ses nombreux ésotéristes (Papus, Peladan, Montfaucon de Villars, l’auteur du Comte de Gabalis), et pour ses attaches à la franc-maçonnerie, l’on ne peut s’étonner dès lors, que Saunière n’eut aucune difficulté à être introduit dans le cénacle d’occultistes ou dans l’entourage de la franc-maçonnerie afin de trouver la personne compétente qui lui traduira ses manuscrits.

L’église de R.L.C :

Cette petite église est dédiée à Marie-Madeleine, selon les écrits, c’est cette même jeune femme que Jésus exorcisa, il fit sortir de son corps sept démons. Selon la légende, elle arriva en barque aux Saintes Maries de la mer, de là, elle se retira dans une grotte de la Sainte Baume.

Certaines théories voient en elle l’épouse de Jésus-Christ.

Saunière axa la décoration de l’église sur sa symbolique, elle y est évoquée cinq fois.

L’imagerie classique la représente le plus souvent dans une grotte, où elle prie devant une croix, à ses pieds sont posés une tête de mort et un livre ouvert.

TERRIBILIS EST LOCUS ISTE, est la phrase qui se dévoile au visiteur dès qu’il se tient sous le porche de l’église, « Ce lieu est terrible », ces quelques mots furent très controversés, peut-être est-ce dû aussi à l’ensemble impressionnant qui attire directement le regard dès les premiers pas dans l’église, l’ensemble formant le bénitier, et dont on voit en premier lieu le diable grimaçant sous l’_expression de la foi, personnifiée par quatre anges décomposant le signe de la croix, une inscription est gravée à leur pied : « Par ce signe tu le vaincras ». Comme dans toute église, un chemin de croix en 14 stations est accroché aux murs, certains détails peuvent retenir l’attention du visiteur, on y a vu des symboles ayant rapport à la franc-maçonnerie.



Le confessionnal quant à lui, possède une particularité, sur son fronton, on peut distinguer une représentation de Jésus agenouillé sortant un agneau des broussailles, l’animal possède une tête humaine aux oreilles pointues, et des cornes de diable se dressent sur son crâne, la patte tenue par Jésus est en fait un bras humain.

Une autre particularité de l’église de Rennes-le-Château est le phénomène lumineux dont elle est l’objet chaque année, par le choix des vitraux et d’un jeu de lumière, apparaît chaque 17 janvier, un rayon lumineux qui avance lentement et mets en évidence des pommes bleues.

A cette date, de nombreux visiteurs se pressent dans l’église afin de constater le phénomène.

Une autre particularité de l’église, est le doublement de Jésus enfant, l’un est tenu par Joseph, l’autre par Marie soit que l’on ait voulu représenter la voie exotérique par Joseph et la voie ésotérique par Marie, soit à la façon cathare, un Jésus réel et un Jésus mystique.

Les Hypothèses et les origines éventuelles du trésor.


Le trafic de messes :

A la suite des dépenses considérables dont l’abbé Saunière ne savait justifier la provenance, on l’accusa d’exercer un trafic de messes, l’abbé ne présenta jamais ses livres à l’évêque, sous prétexte qu’il ne gardait jamais de traces écrites, il est de toute façon exclu que dans son cas les sommes perçues pour des intentions de messes aient été suffisantes pour subvenir aux besoins de tels frais.

Le Prieuré de Sion :

« Le Prieuré de Sion, fondé par Godefroi de Bouillon à Jérusalem en 1099, a compté parmi ses grands maîtres Léonard de Vinci, Victor Hugo, Jean Cocteau. Cet ordre vient de réunir son convent à Blois, le 17 janvier 1981. Lors de ce présent convent de Blois, Pierre Plantard de Saint-Clair, a été élu grand maître de l’Ordre par quatre-vingt-trois voix sur quatre-vingt-douze votants au troisième tour de scrutin. Le choix de ce grand maître marque une étape décisive de l’évolution des conceptions et des esprits de ce monde, car les 121 dignitaires du Prieuré de Sion sont tous des éminences grises de la haute finance et des sociétés internationales politiques ou philosophiques. Pierre Plantard est de surcroît le descendant direct des rois mérovingiens par Dagobert II. Son ascendance est légalement prouvée par les parchemins de la Reine Blanche de Castille, découverts par le curé Saunière dans son église de Rennes-le-Château en 1891. Ces documents, vendus par la nièce de ce prêtre en 1965, au capitaine Ronald Stansmore et à Sir Thomas Frazer ont été déposés dans un coffre de la Lloyds Bank Europe Limited de Londres ».

(Revue Haut-Anjou, 1981)

L’histoire cette fois, vraie ou fausse est précise, un roi (Sigisbert), aurait été oublié en pays du Razès, dont la capitale aurait été Rennes-le-Château, son identité aurait été révélée par des documents ensevelis depuis des siècles, Saunière les aurait mis à jour, il ne restait plus qu’à retrouver le descendant de ce roi perdu. Pierre Plantard a d’ailleurs déclaré que le Prieuré de Sion détenait bien le trésor de Jérusalem.

Le Trésor des Wisigoths :

« Entre Alaric et Alaricou es la fortuno de tres reis », « Entre Alaric et l’Alaricou est le trésor des trois rois » (dicton populaire)

Au VIè siècle, les Wisigoths envahissent la Gaule et s’établissent dans les Pyrénées, Toulouse en sera la capitale.

Au cours de leur progression, ils amassent un trésor de guerre, dont une grande partie provient du sac de Rome, celui-ci, étant aussi matériel que symbolique, puisqu’il contient entre autres l’Arche d’alliance et la Ménorah (le chandelier à sept branches), figurés sur l’arc de triomphe de Titus, est emmené et déposé à Toulouse et à Carcassonne par Alaric.

Le trésor de Toulouse fut enlevé par Clovis, tandis que le trésor de Carcassonne fut caché dans les corbières, non loin de Rennes-le-Château.

Dans ce cas également, la piste du trésor est perdue et nul ne sait ce qu’il est devenu.

Le trésor des Cathares : Pendant le siège de Montségur en 1243, Pierre Bonnet et Mathieu, réussirent à faire diversion et à quitter la citadelle, munis de bien précieux que les chefs de l’église cathare voulaient mettre en sûreté, livres saints, écrits sacrés et numéraires composaient en grande partie ce trésor. Le précieux dépôt est d’abord caché dans une grotte du Sabarthès, ensuite on le retrouve en Lombardie, par la suite on perd sa trace, Rennes-le-Château n’étant pas loin de Montségur, l’hypothèse de la découverte du trésor cathare caché dans une grotte de Rennes-le-Château n’est pas à exclure.

Le trésor des Templiers : L’ordre du Temple fut fondé en 1180 par Hugues de Payns, il est fixé à Jérusalem sur l’emplacement de l’ancien temple de Salomon. Possesseurs de domaines, les Templiers étaient devenus une puissance internationale, les rois, les papes faisaient appels à eux afin de demander du secours pour financer leurs entreprises, le bruit circulait qu’ils étaient en possession de documents retrouvés sur l’emplacement de l’ancien temple de Jérusalem, ils concernaient la vie et la mort du Christ, cela déplût à l’église qui avait intérêt à les dissimuler, leurs premiers ennemis se profilaient.

Ils recevaient des dépôts de numéraire et l’argent ainsi déposé pouvait être retiré de n’importe quelle commanderie sur présentation d’un reçu revêtu du sceau du Temple. On peut dire qu’ils étaient devenus un ordre de banquier, la forteresse du Temple à Paris, était une sorte de siège social de l’ordre en Europe, le trésor abrité était colossal.

Au début du XIVè siècle, les finances du royaume était au plus bas, et le roi Philippe le Bel, connu pour être orgueilleux dû dévaluer la monnaie et emprunter aux juifs, il dû aussi faire appel au Temple, sa fierté mise à rude épreuve, il essaya de trouver le moyen de ne pas acquitter sa dette et par la même occasion de s’approprier la fortune des Templiers.

Un vaste complot est alors monté, aidé par d’anciens Templiers exclus de l’ordre, une liste d’accusations est dressée, on leur reproche entre autre, d’avoir renié Jésus-Christ, d’avoir craché sur la croix, d’avoir invoqué le diable et de s’être livré à des vices contre nature.

Avec l’appui du pape Clément V, qui est à sa dévotion, le roi déclenche une campagne d’arrestation le 13 octobre 1307.

Le grand maître de l’ordre, Jacques de Molay est incarcéré à Paris, le jour même tous les Templiers de France sont arrêtés, torturés et bien entendu, tous les biens sont confisqués.

Fort heureusement, le trésor a disparu….Jusqu’à ce jour, l’énigme subsiste.

La piste de ce mystère mène aussi à Rennes-le-Château.

De nombreux Templiers étaient établis dans cette région, on peut encore y admirer les ruines du château du Bézu, un musée intéressant retrace leur vie dans le village de Campagne-sur-Aude.


Bibliographie :

Rédaction et recherches : Elisandre


NB : Cette énigme étant très complexe et très vaste, le sujet progressant de rebondissements en rebondissements, je remettrai donc cet article à jour au fur et à mesure des nouveautés dont j’aurai connaissance.



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