Berenger Sauniere

1852 - 1917

Effectuons un petit saut dans le temps, nous voici le 1er juin 1885, un curé de campagne gravit le chemin sinueux qui mène vers Rennes-le-Château, personne ne se doute à ce moment que cette petite citée perchée sur un piton rocheux, sera un jour mondialement connue.

Béranger Saunière est alors âgé de 33 ans, il vient d’être nommé curé desservant de ce modeste village de 200 âmes. A son arrivée, il impressionne plus d’un paroissien, c’est un bel homme au regard profond et inquiétant, dont l’allure énergique et le franc-parler lui vaudront la confiance immédiate de ses fidèles.

L’église et le presbytère sont à l’époque en piteux état, malgré de gros efforts, la commune est trop pauvre pour subvenir aux besoins des réparations. La vue quotidienne de ce délabrement, est insupportable à cet homme déterminé qu’est Saunière, il décide de récolter de l’argent en vue de commencer des travaux de restauration.

Il s’installe au presbytère tant bien que mal et prend pour servante une jeune fille de la région, Marie Denarnaud. Dans un premier temps, il recueille un petit héritage laissé par son prédécesseur l’ abbé Pons, en y joignant ses propres économies, il peut entreprendre les premières r éparations, celles qu’il estime les plus urgentes.

Étrangement, il décide de commencer par la réfection de l’autel, celui-ci est alors composé d’une grande dalle insérée du côté du mur et soutenue par deux piliers, l’un brut, l’autre sculpté.

Avant qu’il ne soit restauré par Saunière, celui-ci mesurait 0,95 m de haut, par la suite, il n’en fit plus que 0,75 m, sa largeur 0,39 m et sa profondeur 0,40 m sont restées intactes. Sur ce pilier façonné on peut distinguer des sculptures réalisées sur trois côtés du support, les arêtes ont été renversées pour former un cadre à chaque composition. Sur la face principale, figure une croix pattée et gemmée gravée au bord d’une torsade. Dans la partie supérieure du cadre, on voit l’alpha et l’oméga, symboles de l’infini chrétien, au bas de la croix se mêlent des motifs végétaux stylisés.

Ce pilier a d’ailleurs été déplacé quelques années plus tard par les soins de Saunière, de plus, l’abbé l’a retourné, ce qui donne une croix inversée avec les symboles alpha et oméga qui sont de ce fait inversés. On ne peut dire que cela ne dénote pas d’une attitude étrange pour un curé.

Cette colonne, a toujours été un sujet de polémiques quant à sa datation et sa signification, les uns la voudraient d’époque wisigothique, d’autres la voudraient mérovingienne, d’autres encore y voient un symbolisme tout à fait particulier. La véritable certitude, est certainement, que ce pilier est le point de départ d’un grand mystère toujours irrésolu.

Dès le début des travaux, alors que Saunière et ses ouvriers soulèvent la table de pierre de l’autel, ils remarquent que le pilier sculpté est creux, rempli de fougères séchées, sous celles-ci reposent deux rouleaux de bois contenant des « documents manuscrits sur parchemins ».

Ces écrits rédigés dans une langue ancienne et inconnue de l’abbé, il n’est pas étonnant dès lors, que Saunière entreprenne de nombreux déplacements et voyages dans le but de faire déchiffrer ces documents. Afin que ses excursions passent inaperçues, l’abbé rédige des lettres destinées à ses supérieurs ecclésiastiques, sa fidèle Marie, est chargée d’expédier ce courrier afin de donner le change, il est par ce fait évident qu’il ne voulait pas que l’on surveille ses déplacements.

Saunière aidé par des jeunes garçons du village, entreprend ensuite, l’aménagement du pavement de la nef et du chœur.

Leur travail, débouche sur une autre découverte, près de la marche en pierre par laquelle on accède au chœur, gît une grande dalle unie, après de pénibles efforts pour faire levier, celle-ci se soulève de peu, juste le temps d’apercevoir quelques marches d’escaliers…Saunière les remercie et les envoie jouer.

Cette dalle mérovingienne est magnifique, elle est datée du dernier tiers du VIIIè siècle, on la dénomme de nos jours la dalle « du chevalier », on peut y admirer deux cavaliers occupant les surfaces délimitées par deux arcades géminées et perlées qui reposent, par l’intermédiaire de chapiteaux ioniques sur des colonnes torses, de tradition romaine.

Peu de temps après, aidé par son maçon, Elie Bot et de quelques villageois, Saunière dégage l’emplacement du maître-autel, dès que les briques sont enlevées, tous aperçoivent une cache dans laquelle les témoins distinguent « une oule remplie d’objets brillants », Saunière, sous prétexte de l’heure du repas, renvoie immédiatement les ouvriers.

L’écho de cette nouvelle découverte s’ébruite, mais Saunière n’est pas inquiété par la curiosité de ses fidèles, à l’époque, leur vie rude ne laissait pas de place à la rêverie et au trop plein d’imagination, aux questions posées, il répond qu’il s’agit de médailles religieuses.

Il restaure ensuite le chœur de l’église, trois mois après, de nouveaux vitraux sont placés et les murs de l’église sont réparés, mais il faut attendre encore quatre années afin que le curé ne poursuivent les transformations de façon plus spectaculaire, toute l’église est pratiquement renouvelée, on installe un nouveau fronton, Saunière commande un nouveau chemin de croix, un superbe confessionnal de chêne sculpté, surmonté d’une fresque de toute beauté, ainsi que l’ensemble surprenant qui a dû effaroucher plus d’un paroissien, il s’agit d’une magnifique représentation de diable {on l’assimile à Asmodée}, celui-ci supporte un bénitier qui est lui-même rehaussé de 4 anges faisant le signe de croix.

Ceci n’est que le début de la longue liste de dépense pour divers achats et réparations qui a éveillé les soupçons, achats qui sont libellés au nom de Marie Denarnaud. Même si pour l’instant, les agissements de Saunière n’éveillent pas vraiment de doutes, d’autres faits, irritent certains paroissiens, plusieurs personnes l’ayant vu se promener la nuit, accompagné de sa fidèle servante et il y retourne les tombes, déterre les croix, ainsi Claire Corbu dira : « Les trous creusés par l’abbé étaient de véritables excavations de près de trois mètres de profondeur ».

Que cherche-t-il ? Enlève-t-il tous les indices qui conduisent vers le trésor ?

En 1900, il commence la construction de ce qui deviendra son domaine, celui-ci est constitué d’une grosse maison bourgeoise de style renaissance, en pierre de taille, il fait ensuite refaire l’ancien mur d’enceinte du village, à chaque extrémité, il fait construire une tour, l’une ne dépassant pas le niveau du rempart, l’autre plus imposante, qui dépasse de deux étages ce même mur, munie de créneau et d’une échauguette, il s’agit de la tour Magdala, qui lui sert dorénavant de bibliothèque, celle-ci est confectionnée en bois précieux, elle lui sert également de cabinet de travail, en effet, Saunière posséde une collection de livres impressionnante.

Du haut de cette tour, s’élève un véritable chemin de ronde, d’où l’on peut admirer un panorama grandiose.

Dans l’espace qui relie la villa Béthanie et la Tour Magdala, il fait construire de luxueux jardins, un petit zoo composé de deux chiens, deux singes, de paons royaux , d’aras et de cacatoès s’y installe, un petit bassin, est peuplé de poissons exotiques.

La maison est bien entendu décorée, elle aussi, avec des objets rares pour l’époque, de plus, Saunière, accueille de nombreux invités de marque, ceux-ci sont reçus avec un faste peu commun pour un curé de campagne, les invités sont servis dans de la vaisselle en porcelaine et des verres en cristal, les mets et les vins sont choisis avec finesse.

L’abbé est aussi un homme de cœur, il sait se montrer généreux avec ses ouailles, ses relations avec les curés des paroisses voisines sont très riches, il offre de précieux cadeaux à ses collègues.

En 1905 on assiste à la séparation de l’Eglise et de l’état, les rumeurs concernant les dépenses exagérées de Saunière finissent par arriver aux oreilles de ses supérieurs hiérarchiques, qui dès lors, s’acharnent à obtenir le détail de ses comptes, ainsi que la provenance de son argent.

On l’accuse de trafic de messes, et le 23 juillet 1910, l’abbé est condamné à une suspense a divinis d’un mois, pour le diocèse de Carcassone.

Il ne peut donc plus dire la messe, il s’y ajoute une longue et épuisante suite d’ennuis juridiques qui aboutiront sur le retrait de ses fonctions sacerdotales en décembre 1911.

Il continue à se battre tout en gardant le secret sur la provenance de sa fortune, son caractère déterminé lui donne la force de continuer à célébrer la messe dans la villa Béthania.

Le contrecoup de tant de tracas mine la santé de Saunière, il est d’abord affaiblit par une affection cardiaque, le 14 janvier 1917, il est frappé d’une attaque d’hémiplégie, aidé par sa fidèle servante Marie Denarnaud et de son ami l’abbé Rivière, venu recueillir sa confession, l’abbé laisse la vie le quitter peu à peu et il décède le 22 janvier.


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