C’est du besoin de personnifier certains bruits de la nature qu’est venue la création des tritons et des sirènes. Les premiers hommes ne purent d’abord donner une forme aux divinités nées de leur imagination, mais quand ils virent un monstre symélien ils eurent l’idée d’êtres possibles demi-hommes et demi-poissons. Pareillement Pline rapporte, d’après Ctésias, qu’il existait près du pays des Troglodytes une race d’hommes appelés Monocoli qui, quoique ne possédant qu’un seul membre inférieur médian, étaient capables de marcher et de sauter avec beaucoup d’agilité.
On les appelait aussi Sciopodes, parce qu’ils avaient l’habitude de se coucher sur le dos pendant la chaleur du soleil et de se préserver des rayons brûlants à l’aide de leur pied étalé. Cette légende doit être regardée comme inspirée également par la vue d’un monstre symélien. On a dit d’autre part que la réalité de l’existence des sirènes et des tritons a pu être démontrée aux peuples primitifs par la vue d’animaux ressemblant à ces êtres. Il existe en effet des mammifères cétacés appelés siréniens, vivant presque exclusivement dans l’eau, ayant le corps à peu près pisciforme, ne possédant pas de membres postérieurs, et dont les membres antérieurs en forme de rames servent à la natation. Mais ces animaux manquent actuellement dans la Méditerranée, et s’ils y ont existé autrefois ils n’ont pu que fortifier la légende, ils ne lui ont pas donné naissance.
La plupart des légendes reposent sur un fonds de vérité et ont pour origine l’observation de faits exacts. La réalité est ensuite modifiée et déformée par la fantaisie des narrateurs, des poètes et des artistes.
Le Dr Phalippou a déjà démontré les rapports des monstres Cyclopes avec les Cyclopes de la légende ; Vigier a étudié les monstres atteints de spina bifida occulta, qui, porteurs fréquemment de malformations des membres inférieurs, généralement de pieds bots, sont un appui scientifique à la légende des satyres, hommes ayant une queue et des pieds de bouc.
De même nous essayerons de prouver que la vue d’un monstre symélien a dû frapper les esprits primitifs qui l’ont observé, à tel point que ceux-ci en ont déduit la possibilité de l’existence d’êtres demi-hommes et demi-poissons ressemblant à leur sujet : l’imagination a bâti ensuite sur ce fait réel la légende des Sirènes.
Les Syméliens
Les Syméliens sont des monstres essentiellement caractérisés par la fusion médiane des deux membres inférieurs avec absence d’une partie plus ou grande de l’un et de l’autre des membres réunis. Ces membres ont subi une rotation qui amène leur face antérieure en arrière ou tout au moins en dehors. Pareille anomalie s’accompagne toujours d’autres malformations, dont les plus fréquentes sont l’absence d’organes génitaux externes et d’anus, et de modifications graves dans l’appareil génito-urinaire et la portion sous-ombilicale du tube digestif.
On divise ces monstres en trois genres : les Symèles, les Uromèles et les Sirénomèles, suivant qu’ils ont deux pieds, un seul, ou aucun.
Il est parfois difficile de les classer car il existe des types de transition. L’étude du squelette sera toujours d’un précieux secours en démontrant quels sont les pieds réellement existants.
On ne connaît rien de l’étiologie de pareils êtres malformés. Le plus souvent la grossesse et l’accouchement sont normaux. Les sujets naissent parfois vivants mais ils meurent au bout de quelques heures ; les malformations dans ces cas sont absolument incompatibles avec la vie.
La pathogénie a été diversement interprétée mais il semble à l’heure actuelle, comme l’a montré Dareste, que l’anomalie soit due à un arrêt de développement du capuchon caudal de l’amnios.
Ces monstres entrent dans la littérature médicale en 1542 avec Rocheus qui décrit un fœtus né avec les membres inférieurs soudés.
Quelque temps après Fincelio publie un fait semblable. En 1556 Aldrovandi observe un fœtus dont l’ombilic affectait la forme d’une pyramide avec une pointe semblable à une queue pliée ; il n’y a pas trace d’organes génitaux. Au XVIIe siècle, paraissent les observations de Hartmann, de Cauroy et de Méry.
Au XVIIIe siècle, les observations se multiplient. Enfin, au XIXe siècle, commence l’étude
vraiment scientifique de ces monstruosités et des cas nombreux sont signalés. Taruffi (1894) relève dans une statistique 68 cas. Depuis 1895 nous n’avons pu trouver dans la littérature étrangère que 19 observations, ce qui fait un total de 87. On peut donc conclure que, sans être d’une rareté excessive, ces phénomènes ne sont pas fréquents. Les sirénomèles sont les plus rares de ces monstres.
La Légende des Sirènes
Mais qu’il ait affaire à un symèle, à un uromèle ou à un sirénomèle, un fait frappe l’observateur : l’aspect de queue de poisson qu’offre la partie sous-ombilicale du sujet et l’analogie frappante qu’il présente avec les sirènes de la légende.
Celles-ci étaient des êtres fabuleux, demi-femmes et demi-poissons, qui, par la douceur de leur voix, attiraient les navigateurs sur des écueils des côtes de Sicilie. Homère leur donne le nom de nymphes ce qui, joint à son silence sur leurs particularités morphologiques, permet de croire qu’il leur attribue une forme humaine comme aux déesses et aux muses.
Les écrivains postérieurs changent cette forme, les sirènes deviennent des phénomènes : Monstra maris sirenes erant quae voce canora. dit Ovide. Ce ne sont pas cependant de véritables monstres mais des êtres bizarres, des phénomènes. On leur attribue une forme analogue à celle de bien des divinités marines, des tritons par exemple.
« … Ut turpiter atrum Desinit in piscem mulier formosa superne », dit Horace : la partie supérieure est celle d’une belle femme et la partie inférieure celle d’un hideux poisson. Aussi représente-t-on les sirènes avec une tête splendide, de belles épaules, une gorge opulente, des bras gracieux, tout le corps en un mot d’une femme jeune et jolie jusqu’au nombril où le ventre se replie, se couvre d’écailles et se continue en queue de poisson.
Pour certains elles étaient jadis de belles jeunes filles qu’Aphrodite changea en sirènes parce qu’elles voulaient rester vierges. Mais suivant l’opinion la plus commune, elles étaient filles du fleuve Achelous et de la muse Calliope.
Les auteurs varient aussi sur leur nombre. Homère ne parle que de deux ; le nombre trois est le plus admis ; Platon en décrit huit. On leur donne des noms mélodieux comme leurs chants. Les dieux eux-mêmes ont formé leurs talents dans l’art d’enchanter les oreilles. Presque toujours invisibles, elles ne se révélaient que par leurs chants.
Elles habitaient trois ilots hérissés d’écueils entre la côte d’Italie et l’île de Capri ; on leur a donné aussi pour patrie le cap Péloros, l’île de Capri elle-même ou encore les îles Sirénuses.
Suivant Hygin, au temps du rapt de Proserpine, les sirènes se rendirent en Sicile où Cérès, pour les punir de n’avoir pas porté secours à sa fille, les métamorphosa en oiseaux et leur donna des ailes. Ovide dit au contraire qu’elles devaient ces mêmes ailes aux dieux qui les leur avaient données, sur leur prière, pour aller chercher Proserpine sur toute la terre. Ces ailes leur furent ensuite arrachées par les muses auxquelles, à l’instigation de Junon, elles avaient osé disputer le prix du chant. Le fait est rapporté par Pausanias et il existe un bas-relief ancien représentant les Sirènes plumées par les Muses. C’est pour cela que la tête des muses s’orne d’une plume en souvenir de leur victoire.
Certains auteurs ont prétendu que les sirènes étaient primitivement des oiseaux et qu’elles étaient représentées à l’origine avec le corps d’un moineau ; ce serait parce qu’elles se sont jetées à l’eau de désespoir qu’elles auraient revêtu ensuite la forme de poissons. La légende dit simplement qu’en se précipitant à la mer les sirènes ont disparu ; elles auraient été transformées en rochers (îles Sirénuses).
Un ancien oracle avait prédit aux sirènes qu’elles existeraient tant qu’elles charmeraient les voyageurs passant à proximité de leur île, mais qu’elles périraient dès qu’un seul être humain leur résisterait. Quand les Argonautes passèrent elles déployèrent toutes leurs séductions, mais tout fut inutile : Junon protégea les marins. Seul, Boutés, fils de Téléon, séduit, se jeta à la mer pour les rejoindre ; il allait périr quand il fut sauvé par Aphrodite. Orphée, des accords de sa lyre, les charma à tel point qu’elles devinrent muettes, puis de désespoir se précipitèrent dans la mer où furent transformées en rochers. Selon d’autres versions, ce fut lors du passage d’Ulysse qu’elles disparurent. Après avoir été vaincues par Orphée, elles retrouvèrent leurs voix pour essayer d’attirer Ulysse dans l’abîme ; ce fut en vain, car sur les conseils de Circé, il s’était fait attacher au mât du vaisseau et avait bouché les oreilles de ses matelots avec la cire. C’est alors qu’elles se jetèrent à la mer.
Cette conception des sirènes, comme de belles jeunes filles à la voix enchanteresse et dont le corps ressemblait à sa partie inférieure à une queue de poisson, se retrouve en dehors des légendes gréco-latines. Ainsi, dans le $16^e$ conte estonien, la Belle des eaux, fille de la Mère des eaux, devient amoureuse d’un jeune héros avec lequel elle passe six jours de la semaine. Le septième jour de la semaine, le jeudi, elle le quitte pour s’aller plonger dans l’eau en défendant au jeune homme de la suivre ou de l’épier. Celui-ci ne peut pas réprimer sa curiosité, surprend la jeune fille au bain et découvre qu’elle est femme par le haut du corps et poisson dans les parties inférieures. La fille des eaux s’aperçoit de l’indiscrétion et disparaît tristement et pour toujours aux regards du jeune homme.
De même, d’après un conte sicilien, une Sirène enleva certain jour une jeune fille et l’emporta dans la mer avec elle, et bien qu’elle lui permît parfois de venir au rivage, elle l’empêchait de fuir au moyen d’une chaîne qu’elle tenait attachée à sa propre queue. Son frère la délivra en jetant du pain et de la viande à la sirène pour apaiser sa faim et en employant pendant ce temps sept forgerons pour couper sa chaîne.
Au moyen âge, les divinités marines analogues aux Sirènes s’appelaient Mermaids.
Dans les pays du Nord, les filles de la mer s’appelaient les Ondines. Ces êtres étaient considérés comme des fées marines et si la légende ne précisait pas leur forme, elle ne les représentait jamais sous l’aspect d’oiseaux mais para- en effet la plus naturelle puisque ce sont des divinités marines ; et on ne conçoit pas des êtres vivant dans les eaux et qui auraient la forme d’oiseaux. Ce n’est que secondairement que la version des Sirènes-Oiseaux s’est greffée sur la première. En créant les Sirènes-Oiseaux les auteurs, oubliant que les Sirènes étaient des divinités marines, n’ont vu en elles que l’attrait irrésistible de leur chant et, personnifiant cette idée, les ont représentées sous la forme d’êtres essentiellement chanteurs.
Nous verrons plus tard le parti qu’ont tiré les poètes et les artistes de la légende des Sirènes ; mais auparavant demandons-nous comment a pu naître la conception de pareils phénomènes.
Genèse des monstres en général et des Sirènes en particulier
Les monstres ont joué un grand rôle dans l’histoire de tous les peuples. On a toujours accordé une grande importance à ces êtres fantastiques qui, s’écartant de la forme normale de leur espèce, pouvaient cependant rappeler par leur anomalie un être existant réellement dans la série animale.
Suivant les pays, l’apparition d’un monstre a été considérée comme un présage néfaste ou comme un évènement heureux. A Rome et à Sparte on immolait les monstres dès leur naissance. En Orient au contraire, en Perse, aux Indes et surtout en Egypte, on les divinisait. C’est ainsi qu’on a trouvé un anencéphale dans la nécropole d’Hermopolis. Les Égyptiens vénéraient un certain nombre d’animaux ; quand une femme mettait au monde un enfant monstrueux l’imagination le rapprochait aussitôt d’un animal et si celui-ci occupait une place au Panthéon des dieux, on divinisait le monstre.

Au moyen âge on considérait que les monstres étaient conçus par Satan ou envoyés comme une punition de Dieu et on les brûlait vifs. Le plus souvent leurs mères subissaient le même sort pour les purifier d’avoir eu commerce charnel avec le démon.
Cependant, dans les temps anciens, certains auteurs avaient émis des idées très justes sur leur nature. Parmi eux il faut citer Aristote et Cicéron. Aristote a écrit : « La monstruosité est un objet contre nature ou plutôt non pas absolument contre nature mais ce qui se passe ordinairement dans la nature. » Cicéron développe cette idée que les monstres se produisent d’après lois de la nature aussi bien que les phénomènes que nous observons tous les jours.
Plus près de nous Montaigne disait : « Ce que nous appelons monstre ne l’est pas à Dieu… nous appelons contre nature ce qui est contre la coutume ». Fontenelle, Lacépède, Vernois ont, sous une autre forme, reproduit la même idée et ou est arrivé enfin à reconnaître d’une façon définitive, que les organismes anormaux et monstrueux ne se développent pas en dehors des conditions naturelles.
Mais l’action de la nature fut interprétée de façons diverses. On crut à une certaine époque que l’influence des astres, et en particulier des comètes, sur leur genèse. On a aussi admis la possibilité de fécondation entre des espèces animales différentes. Telle est l’opinion de Thalès, de Plutarque.

Pline raconte que la mer reçoit dans son immensité les germes qui tombent de ses mains fécondes et incessamment actives ; mais comme ces germes sont sans cesse agités par les vents et les flots ils se mêlent entre eux et de cette confusion résultent les monstres. Il ajoute qu’on a aperçu à Lisbonne un triton ou homme-poisson jouant de la conque.
E. Martin, Rondelet parlent d’un poisson monstre qui avait la figure d’un moine.
Ambroise Paré lui aussi rapporte des exemples de pareils monstres et donne leurs figures. « En l’an de grâce 1512 fut nay un monstre à Ravenne, ayant une corne posée sur le chef et, en lieu de ses bras, deux ailes avec seul pied griffon. A la jointure du genoil il y avait un œil, ayant les deux sexes à côté l’un de l’autre ». Nous rapportons ce cas considéré par Ambroise Paré comme un monstre terrestre, car il ressemble à un symélien, n’était l’interprétation du pied qui a été transformé de nageoire en griffe d’oiseau. On le voit, un pareil monstre pourrait bien être le trait d’union entre la conception des Sirènes-Oiseaux et celle des Sirènes-Poissons.
Le même Ambroise Paré décrit les monstres marins « desquels les uns sont hommes-puis la ceinture en haut, nommés tritons ; les autres, femmes nommées sirènes qui sont couvertes d’écailles ». Nous trouvons dans le même ouvrage les figures suivantes se rapportant à des monstres marins : Portrait d’un triton et d’une sirène vus sur le Nil. Figure d’un montre marin, ressemblant à un évêque vêtu de ses habits pontificaux. Figure d’un monstre marin ayant la tête d’ours et les bras d’un singe. Figure d’un lion marin couvert d’écailles. Image d’un monstre marin ayant la figure humaine. Figure hideuse d’un diable de mer. Figure d’un cheval de mer. Figure d’un veau marin. Figure d’un éléphant de mer. Figure d’un monstre ayant tête d’un moine armé et couvert d’écailles de poisson. Tous ces monstres naissent de la confusion des semences qui tombent dans la mer car Ambroise Paré professe la même opinion que Pline sur les monstres.
Nous avons rapporté ces faits avec détails pour montrer que, à un âge déjà avancé de la civilisation, on croyait à l’existence réelle de monstres et en particulier à celle des monstres marins, sirènes et tritons. Nous avons aussi la forte impression, favorable ou néfaste, que faisait sur l’imagination antique la naissance d’enfants qui ressemblaient à ces monstres.
A cet âge l’intelligence humaine possède un caractère enfantin et éprouve un besoin irré-sistible de tout expliquer. Comme l’âme des enfants elle a soif de merveilleux et préfère toujours la fiction à la réalité. Ainsi les anciens personnifiaient tout et prenaient pour voix de divinités tous les bruits de la nature. Au crépuscule les enfants apeurés prennent pour des géants les arbres de la route et pour des gémissements le bruissement de la bise à travers le feuillage ; de même les anciens croyaient que le bruit du tonnerre était la voix couronnée de Jupiter.
Il en a certainement été ainsi pour les tritons et les sirènes. Le triton parcourant les flots en soufflant dans sa conque pour apaiser la tempête traduit le mugissement de la mer en furie. Le concept de la sirène correspond à la genèse suivante : de même qu’au milieu du désert le voyageur accablé de fatigue, mourant de faim et de soif, croit voir dans le lointain un oasis qui fuit toujours, de même les marins, sur des navires ballottés par la tempête, ont pu croire qu’ils distinguaient au milieu du funèbre concert de la nature bouleversée, quelques fraîches et harmonieuses voix de jeunes filles leur annonçant un rivage voisin. Aussitôt, réunissant leurs dernières forces, ils prennent les rames en tournant les voiles déchirées, arrivent à l’endroit que leur indiquent les voix. Ils ont été dupes d’un mirage ; les voix étaient le bruit des vagues qui se brisaient sur des écueils où le vaisseau vient faire naufrage. Mais si quelque matelot peut échapper il raconte le mirage ; les voix enchanteresses, les voix trompeuses ont tout fait : la légende des sirènes est née.
C’est donc du besoin de personnifier certains bruits de la nature que sont nés tritons et sirènes.
Mais pourquoi leur attribuer la forme que donne la légende ? On a pu dire que la réalité de l’existence des sirènes et des tritons a pu être démontrée par la vue d’animaux ressemblant à ces êtres. Il existe des mammifères cétacés appelés siréniens vivant presque exclusivement dans l’eau, ayant le corps à peu près pisciforme, ne possédant pas de membres postérieurs et qui ont les mamelles rapprochées des aisselles. Mais ils ne peuvent être le point de départ de la légende des tritons et des sirènes puisqu’ils manquent dans la Méditerranée, dans cette mer où l’imagination des Anciens plaçait les sirènes.
Et pourtant l’intelligence primitive de l’humanité n’a pas créé de toutes pièces cette entité ; elle a eu besoin d’un fait observé pour donner corps à son imagination. Quand les premiers hommes entendirent les bruits de la mer ils ne purent tout d’abord donner une forme aux divinités que leur imagination auditive venait de créer ; mais quand ils virent un monstre symélien il leur fut impossible de ne pas le rapprocher d’êtres demi-hommes et demi-poissons. Cette ressemblance a frappé tous les auteurs et elle a dû impressionner davantage l’esprit de ces primitifs qui ne pouvaient admettre que la nature crée un être qui n’ait déjà sen semblable dans l’univers. L’idée d’êtres moitié hommes, moitié poissons était ainsi admise et tout naturellement on attribua cette forme aux divinités marines dont on n’avait entendu que les voix. La légende des Sirènes était ainsi complétée ; ces êtres fabuleux avaient une forme bien déterminée ainsi que des caractères définis.
